Grève massive des bus londonniens le 13 janvier 2015

Environ 27 000 conducteurs de bus ont fait grève pendant 24 heures, mardi 13 janvier, dans le but de demander l’égalité salariale, et pour combattre le au dumping social entretenu par les compagnies privés, et des groupes publics étrangers, notamment français, comme la RATP. Ce mouvement est le plus important depuis trente ans

Les employeurs privés et l'agence régionale publique gérant les Transports de Londres (TfL) avaient claironné que la grève du 13 janvier ne devait être suivie que par une part infime des chauffeurs de bus. Ce fut la plus grande grève dans le secteur depuis les années 1980.

Des files d’attentes de plusieurs centaines de mètres à la gare de Victoria, des rames de métros complètement bondées, et des rues désertées par les célèbres bus rouges à impériale.

Le premier réseau de bus européen à l'arrêt : 70 % des bus au dépôt !

Le mouvement, d’une durée de 24 heures, avait été lancé à l’initiative du syndicat britannique Unite. Bravant les intimidations patronales, il a rassemblé 27 000 salariés de 18 compagnies de bus de la capitale, et a perturbé près de 630 itinéraires sur 670. Au total, les deux tiers des véhicules sont restés sagement à leur dépôt, tandis que les 6,5 millions d’usagers quotidiens du réseau ont dû, dans la plupart des cas, trouver des alternatives pour pouvoir se déplacer. Du jamais vu depuis trente ans.

Indicateur inattendu venant corroborer le succès de la grève, le Réseau londonien pour la qualité de l'air a signalé un niveau de pollution exceptionnellement bas dans la capitale, divisée par deux par exemple sur Oxford Street par rapport à un jour ordinaire (de 350 à 180 µg/m3 par heure).

80 grilles salariales dans le réseau privatisé : 500 € par mois de différence !

La bataille portait sur les inégalités salariales entre les chauffeurs de bus de la capitale. Il existe actuellement 80 grilles salariales différentes, entre les 18 principales compagnies de bus privées opérant dans le réseau privatisé dans les années 1990.

Une privatisation qui prend sa forme la plus crue dans les contrats publics pour la cession de lignes et trajets spécifiques à des opérateurs privés qui engagent une course au moins-disant social, au dumping salarial pour empocher l'argent de la collectivité.

Entre les nouveaux conducteurs, les différences peuvent être considérables, variant de 9,30 £ (12 €) à 12,3 £ (16 €) par heure, 4 € par heure, ce qui représentait une différence à la fin du mois de 500 € en début de carrière et bien plus après.

Dans les bus, "les passagers assis côte à côte sur le même itinéraire, s’attendent à payer le même tarif. Donc pourquoi les conducteurs ne devraient pas s’attendre à être payés la même chose ?", a ainsi justifié à la BBC Wayne King, administrateur régional du syndicat Unite à Londres

Le combat pour l'alignement salarial vers le haut

Le syndicat exige une unique convention collective pour le secteur prévoyant l'alignement des conditions de tous les chauffeurs et personnels de bus vers le haut, l'uniformisation de la grille salariale.

Le directeur des bus pour le TfL a affirmé que la hausse des salaires conduirait nécessairement à « une coupe dans les services de bus ou une hausse des tarifs, voire les deux ».

Un raisonnement difficile à tenir quand les compagnies privées – ou filiales de compagnies publiques étrangères – qui opèrent sur le réseau londonien ont réalisé en tout 225 millions d'€ de profits en 2014.

Parmi ces profiteurs, on retrouve la RATP qui gère une des 12 grandes lignes initialement privatisées en 1994 : la « London united » cédée à Transdev puis la RATP qui entre 2012 et 2014 a pris possession de trois autres lignes mineures.

Selon le responsable régional du syndicat Unite, « les opérateurs de bus privés peuvent très bien affronter la question de l'inégalité salariale. On va les pousser à se mettre tous autour de la table et à commencer à parler d'un accord juste pour les travailleurs des bus londoniens ».

Une grève avait déjà été lancée sur les mêmes revendications le 29 décembre, celle du 13 janvier a montré la détermination à gagner cette bataille décisive, pour leurs conditions de travail et le symbole politique. Mais ce n'est qu'un début.

Grève massive des bus londonniens le 13 janvier 2015
Grève massive des bus londonniens le 13 janvier 2015
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