le tronçon Barentin-Yvetot de la A150 a été ouvert à la circulation lundi 9 février 2015

le tronçon Barentin-Yvetot de la A150 a été ouvert à la circulation lundi 9 février 2015

Le 17 septembre 2014, l’Autorité de la concurrence a publié un rapport dénonçant une véritable "machine à fric" pour les géants du BTP, actionnaires des sociétés d’autoroutes.

Mais rien ne change: la "machine à fric" continue à plein régime !

L’ouverture à la circulation, le lundi 9 février 2015, du tronçon d’autoroute de 18 kilomètres entre Barentin et Écalles-Alix, en Seine-Maritime, le confirme : le tarif est prohibitif ! La grille tarifaire (TTC) est la suivante (pour 18 km !):

  • > Classe 1 (3,10 euros),
  • > Classe 2 (5 euros),
  • > Classe 3, motos (1,90 euro).

En réalité, la bonne affaire pour le concessionnaire de l'autoroute c'est que ce tronçon s'emmanche sur un tronçon gratuit de 17,5 km de Barentin à Rouen. En quelque sorte ce péage constitue une quasi-privatisation de cette autre portion, car, pour les automobilistes venant d'Yvetot, c'est évidemment un non-sens de perdre 25mn sur leur trajet en essayant de contourner la partie payante en passant par les petites routes pour reprendre ensuite la partie gratuite vers Rouen.

Rappelons enfin que, comme nous l'avions écrit en mars 2014, l'ouverture de ce tronçon payant, ajouté à un contournement est de Rouen, payant lui aussi, créerait un noeud coulant payant autour de la RN27 (4 voies Rouen-Dieppe) gratuite. Il faudrait alors s'attendre à ce que,si elle restait gratuite, les concessionnaires des autoroutes se plaignent d'une distortion de concurrence. Or chacun sait que la distortion de concurrence est le levier juridique qui permet tous les coups fourrés contre les droits sociaux et les dernières libertés. Mais on sait que les libéraux qui nous gouvernent ont cette privatisation dans leurs projets: préparez votre porte-monnaie !

En 2005, la CGT avait combattu la privatisation des autoroutes imposée par le gouvernement de Dominique de Villepin et de son ministre de l’Economie Thierry Breton, qui affirmait, à l’époque, que "l’État contrôlera et fixera les tarifs (des péages)" et n’hésitait pas à sanctionner sévèrement les militants CGT qui s’opposaient à ce bradage devenu un scandale national. La suite a montré que, là aussi, les promesses n'engagent que ceux qui les croient !

La CGT continue de dénoncer la privatisation des autoroutes

On se souvient qu’un rapport de la Cour des comptes de 2008, confirmait ce qu’a toujours dit la CGT, en reconnaissant que la cession, pour une valeur d’achat de 14,8 milliards d’euros, était inférieure aux estimations de la valeur du patrimoine routier entraînant une perte d’1 milliards d’euros par an sous forme de dividendes liés aux participations de l’Etat.

Malgré les émois périodiques de quelques ministres, rien ne change ! C’est un véritable racket de l’automobiliste, qui, s’il ne veut pas payer, est obligé de faire un long détour, où emprunter des routes secondaires dangereuses, et de traverser les agglomérations.

Pour la CGT, deux urgences continuent de s’imposer :

  • > Renationaliser les sociétés d’autoroutes privatisées en 2005/2006.
  • > Stopper immédiatement le processus en cours de privatisation et de mise en concession de routes nationales.

Le rapport de l’Autorité de la concurrence place l’activité des autoroutes comme "activité de service public".

Pour la CGT, cela passe par une maîtrise et un contrôle public ! Il en va de l’intérêt général.

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