Baisse des salaires des fonctionnaires et menaces sur les retraites du privé

La rémunération nette des fonctionnaires (titulaires comme stagiaires) a baissé entre 10 et 20 euros (à autres éléments constants) au 1er janvier 2015. En cause? L’accroissement progressif du prélèvement pour pension civile dans un contexte de blocage des salaires.

Car depuis 2012, la rémunération des fonctionnaires baisse en début d'année.

C’est la conséquence de la reformes de 2010 sur les retraites (Réforme Sarkozy-Woerth), combiné au gel des salaires, depuis juillet 2010 (connu sous l’appellation de « gel du point d’indice »).

L'un des prétextes avancés par le gouvernement de l’époque consistait — au nom du principe d'égalité — à élever les retenues sur les salaires des fonctionnaires au niveau de celles des salariés du secteur privé. Mais à la différence du privé, la retraite des fonctionnaires ne se calcule que sur une partie de la rémunération, les primes étant exclues de ce calcul.

La retraite d’un fonctionnaire est aujourd’hui plus proche des 65% du net de ses derniers salaires d’actif, que des 75% affichés.

En effet, les fonctionnaires ne paient leur cotisation retraite que sur une partie de leur salaire, le "traitement indiciaire", mais pas sur les primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. La retraite des fonctionnaires n’est donc pas calculée sur l’ensemble de leur salaire, dpù un réel plus proche de 65% que de 75%.

Pour les salariés du privé, il y a au moins deux régimes obligatoires :

  1. La retraite de base de la Sécurité sociale (Assurance vieillesse), plafonnée à 50% du salaire, et ne pouvant dépasser 50% du Plafond de la Sécurité Sociale, soit 1585€ mensuel au 1r janvier 2015;
  2. Une retraite complémentaire obligatoire (Arrco pour les non-cadres; Agirc pour les cadres), qui, ajoutée à la retraite de base, permet théoriquement d'atteindre les fameux 75%.

Après que les fonctionnaires aient subi les mauvais coups de l’État-patron — au même moment qu’une intense campagne anti-fonctionnaire se déversait dans les médias — ...

... c’est au tour des salariés du privé d’être sur la sellette !

Les retraites complémentaires Arrco et Agirc, vont passer à la moulinette, dans le cadre d'une négociation patronat/syndicats de salariés, anoncée pour le printemps 2015.

Le Medef milite pour repousser à 67 ans l'âge auquel un salarié du privé (exécution ou cadre) peut bénéficier d'une pension complémentaire pleine et entière,...

... c’est dire la gravité de l’enjeu.

Comme quoi personne n’est jamais privilégié ! Qu’ils soient fonctionnaires ou privés, les patrons du public comme ceux du privé n’ont pour seul objectif que de réduire la masse salariale, dans le but d’augmenter la productivité et les profits. Le problème est que « la qualité s’en ressent », et que l’économie s’asphyxie chaque jour un peu plus. En s’attaquant au « salaire », ils tuent la « poule aux œufs d’or », car c’est le travail humain qui est à la base de la création des richesses.

Mais surtout, si le Medef arrivait à ses fin et que l'âge de la retraite complémentaire était repoussé à 67 ans, cela voudrait dire que les salairés du privé ne pourraient pas prendre leur retraite avec cet âge là ! Comment imaginer partir en retraite avec  moins de 50% de son salaire, et surtout, plafonné à 1585€ ! *

Et, évidemment, une fois le Medef parvenu à ses fins, on se tournerait alors vers les fonctionnaires pour leur dire: vous êtes des privilégiés... Et on serait alors reparti pour un tour.

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Le salaire « net à payer » des fonctionnaires a donc baissé au 1er janvier 2015, comme les années précédentes: pour le mesurer il faut que les fonctionnaires regardent les deux premières lignes d’un bulletin de traitement: le « traitement brut » et la « retenue PC », et les comparer avec celles du mois de décembre 2014. La contribution à la pension civile augmente pour se rapprocher du taux du privé (aux alentours de 11%), en prenant en compte dans ce cas toutes les cotisations retraites obligatoires.

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