Loi Macron : la caisse à outils du libéralisme

Le projet de loi Macron est entré en débat à l’Assemblée début janvier, mais sa préparation a déjà fait couler beaucoup d’encre et suscité l’inquiétude ou la colère dans certains secteurs de l’économie qu’il prétend déréguler.

Sous prétexte « renouer avec la croissance durable », et que « l’économie française doit être modernisée et les freins à l’activité levés », le texte avance trois grandes réformes visant à prétendument libérer les activités de la contrainte ;

  • > stimuler l’investissement ;
  • > développer l’emploi
  • > développer le dialogue social.

Des mesures dérisoires et démagogiques, en regard du détricotage des protections et des droits des salariés:

Cette future loi réussit l’exploit d’être à la fois « fondatrice et superficielle », explique Marie-Laurence Bertrand, dirigeante de la CGT.

« En effet, elle combine des propositions modifiant en profondeur la nature de l’intervention de l’État et les droits des salariés, et des mesures dérisoires par rapport aux déclarations d’intention. Ainsi, au prétexte de favoriser la mobilité des jeunes, elle propose de développer le transport en autocar, non-sens économique, social et écologique.

A l’inverse, des propositions dont la pertinence n’est pas démontrée, voire contestée, servent en fait à restreindre le droit du travail ; l’exemple le plus marquant est celui de l’élargissement du travail du dimanche et de nuit dans le commerce : les achats effectués pendant ces périodes ne le seront plus aux heures « normales » d’ouverture. »

Un virage ultra-libéral au service exclusif des actionnaires:

Tout naturellement, le projet de loi Macron s’inscrit dans le virage libéral de l’exécutif dont il traduit les orientations par une série de mesures tous azimuts recouvrant des champs ministériels très différents :

  • > Travail,
  • > Justice,
  • > Environnement,
  • > Logement,
  • > Finances,
  • > Transport.

Le projet de loi s’inscrit dans la suite la loi du 11 janvier 2013 sur la sécurisation de l’emploi, du CICE, du pacte de responsabilité, de la réforme territoriale et de la réforme de l’État

Il poursuit la même politique de réformes structurelles, de cadeaux au grand patronat, de mesures de simplification qui, non seulement n’apportent pas la preuve de leur efficacité économique, sociale, mais qui perpétuent les logiques qui ont poussées nos économies dans la crise.

Pour en sortir, le gouvernement prétend « libérer » l’entreprise de toutes les contraintes, réduire les dépenses publiques, réduire le prétendu « coût du travail ».

De cette manière, il répond aux injonctions de l’Union européenne, comme aux revendications du Medef.

Il revient en arrière sur des décisions juridiques favorables au monde du travail:

Ce projet a aussi comme caractéristique de réorienter des décisions juridiques ou législatives qui étaient favorables au monde du travail et jugées comme défavorables aux entreprises. Par exemple, le texte déconstruit les quelques avancées de la loi ALUR sur le logement ou encore annule la jurisprudence « Sephora » sur les nocturnes dans le commerce.

Lire le dossier sur le site de la Confédération

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