Inscrit au dessus de l'entrée de la mine: "GREVE"

Inscrit au dessus de l'entrée de la mine: "GREVE"

Parce qu'ils avaient organisé la solidarité avec les travailleurs en grève de quatre autres mines de charbon de l’entreprise KW (Kompania Weglowa), 9 syndicalistes de la mine de Budryk ont été licenciés, le 26 janvier 2015 janvier, par la direction de leur société minière la JSW (Jastrzebska Spolka Weglowa). La grève solidaire des mineurs de Budryk (et d’autres sites) avait contribué à la victoire des mineurs des mines du groupe KW : les patrons avaient, à l'époque reculé sur la fermeture des mines, sur les licenciements des salariés.

Pourtant dans les accords signés, le gouvernement s’engageait aussi à ce qu’il n’y ait aucune répression contre les travailleurs qui avaient participé aux diverses grèves et manifestations.

En s’attaquant aux militants syndicaux de plusieurs organisations (OPZZ, Solidarnosc, Sierpen 80), la direction s’attaquait à tous les mineurs. En laissant faire, le gouvernement s’attaquait à tous les travailleurs.

La police tire dans la foule, pas seulement avec des balles en caoutchouc !

À la suite de la décision de la direction de l’entreprise de mettre fin à trois conventions collectives et à l’annonce d’un plan de licenciements, les syndicats ont voté en faveur de la grève le 28 janvier. Ils exigeaient la démission du président du groupe minier, et réclamaient la venue du ministre du Trésor Wlodzimierz Karpinski, l’État étant l’un des principaux actionnaires du groupe.

Les 2 et 9 février, alors qu'il manifestaient devant le siège de la direction, la police a utilisé les canons à eau et a tiré, avec des balles en caoutchouc de 37 mm (mais pas seulement) sur les mineurs rassemblés devant le siège de la Compagnie charbonnière de Jastrzebie. Dans ces deux épisodes, il y a eu 20 blessés, dont certains gravement. Voir la vidéo ci-dessous.

Lorsque la police a tiré, les mineurs ont crié « Gestapo ! »

Le 14 février 2015, un compromis a finalement été signé avec la direction, après la démission du président du groupe minier. La grève aura duré dix-neuf jours, avec plus de 5 000 grévistes, et les mines à l’arrêt.

Tous les syndicats polonais ont soutenu le mouvement : Solidarność (proche de la droite conservatrice), OPZZ (confédération issue des anciens syndicats de l’époque du socialisme), FZZ (confédération modérée), le « Sierpień 80 » (Syndicat de tendance anarcho-syndicaliste), Kadra (syndicats de cadres), etc.

Durant la grève, un tribunal l’a déclarée illégale et a menacé les « meneurs » (dont les 9 syndicalistes licenciés) de leur faire payer les pertes de JSW, soit plusieurs millions d’euros… Le président du syndicat Sierpien 80, a déclaré à l’agence de presse polonaise : « Nous vivons dans un pays de bandits, de voleurs et des mafias, qui sont plus fortes que le gouvernement. »

La période sociale est plutôt tendue en Pologne, avec, en plus des grèves dans les mines, les agriculteurs qui manifestent régulièrement.

Assemblée des mineurs polonais en grève, et grévistes (photos site web syndical "IndustriALL")
Assemblée des mineurs polonais en grève, et grévistes (photos site web syndical "IndustriALL")

Assemblée des mineurs polonais en grève, et grévistes (photos site web syndical "IndustriALL")

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