Agirc-Arrco : la CGT et FO contre les propositions du Medef

Sans surprise, la CGT et FO rejettent les propositions du Medef pour résorber le déficit des régimes de retraite complémentaire, et la CGT fait des contrepropositions.

La presse a rendu public, le 4 mars 2015, un document de travail dans lequel l'organisation patronale préconise d'instaurer à l'Arrco (le régime de tous les salariés) et à l'Agirc (le régime des seuls cadres) un abattement dégressif entre l'âge légal de départ à la retraite (62 ans) et l'âge de retraite à taux plein (67 ans).

Cela aurait comme conséquence d'obliger les salariés à retarder leur départ en retraite pour ne pas subir de réduction de leur retraite complémentaire (On appelle cela une "décote"). Pour les salariés du privé, l'Arco représente un tiers de leur pension globale, ce qui n'est pas rien. Pour les cadres c'est pire, puisque l'Agirc peut représenter les deux tiers, voire les trois quart, et même parfois plus, de leur pension totale. Réduire la retraite complémentaire toucherait brutalement les (futur-e-s) veufs et veuves, car la réversion de la retraite de base est plafonnée, alors que la celle de la retraite complémentaire ne l'est pas.

A l'évidence, alors que les séniors licenciés arrivent rarement à retrouver un travail après 55 ans, voire dès 50 ans — ou alors très déclassifié et nettement moins payé, particulièrement les cadres — la position du Medef s'apparente à un véritable déclassement général des salariés, et plus encore les cadres.

"Le Medef a mis par écrit ce qu'il dit depuis quelques mois. On veut amputer la possibilité des salariés de partir à l'âge légal par le biais de l'amputation des pensions, obliger les gens à travailler plus longtemps", s'est insurgé le nouveau secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, lors d'une rencontre avec la presse organisée le 5 mars par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

Des positions diamétralement opposées, entre la CGT et le Medef

Les positions entre la CGT et le Medef sont diamétralement opposées. « Le patronat veut diminuer les dépenses, nous on veut augmenter les recettes », a résumé Philippe Martinez. La CGT propose notamment d'augmenter de 2,45% les cotisations Agirc pesant sur les cadres.

Interrogé sur une fusion entre l'Agirc et l'Arrco également évoquée par le Medef, le secrétaire général de la CGT s'est là aussi prononcé contre. « Il faut garder une spécificité pour les cadres, l'Agirc étant l'une des spécificités », selon ses propos rapportés par l'AFP.

De son côté, Jean-Claude Mailly a jugé sur Europe 1, également le 5 mars, les propositions du Medef « pas acceptables ». « On va tout faire pour qu'elles soient adoucies et que [le patronat] renonce à certaines d'entre elles », a prévenu le numéro un de FO. « Dans le déficit des retraites complémentaires, qui est réel, il y a une part conjoncturelle », a-il-souligné, rappelant qu'avant le krach boursier de 2008 l'Arrco et l'Agirc étaient excédentaires. De 1998 à 2008, les deux régimes ont effet cumulé 60 milliards d'euros de réserves qui servent aujourd'hui à payer, en partie, les pensions complémentaires.

Tous dans les rassemblements et les manifestations le 9 avril 2015

L'attaque contre les "conquis sociaux'" (parfois appelés "acquis") est générale ! Salaires et pouvoir d'achat, emplois et qualifications, conditions et intensité du travail, temps de travail, repos, retraites, sécurité sociale, etc. C'est la "masse salariale qui est la cible du patronat ! Tout le monde est concerné !

Utilisons la journée d'action du 9 avril 2015 pour élever le niveau de la contestation et de la mobilisation !

9 avril: les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires invitent les retraité(e)s et les chômeurs(ses) à se mobiliser et appellent l’ensemble des salarié(e)s, du public et du privé, à une journée de grève interprofessionnelle et à manifester le 9 avril 2015 pour:

  • augmenter les salaires (secteurs public et privé), les retraites, les pensions et les minimas sociaux,
  • Combattre et réduire le chômage,
  • permettre la création d’emplois en changeant de politique économique,
  • préserver les droits et tous les régimes sociaux,
  • garantir et promouvoir le service public,

Le 9 avril, salarié-e-s du privé et du public, retraité-e-s, privé-e-s d'emploi, manifestons tous ensemble à Dieppe !

Retour à l'accueil