Saturation des hôpitaux : la mise en garde des renseignements généraux

Le journal Le Parisien a rendu publique hier une note confidentielle de policiers et de gendarmes du service central du renseignement territorial qui annonce : les urgences hospitalières, saturées, sont au bord de l'implosion sociale.

Cette note confidentielle, datée du 5 mars, a été rédigée par le service central du renseignement territorial du ministère de l'Intérieur, constitué de policiers et de gendarmes. Un « état des lieux » des services d'urgences des hôpitaux à « diffusion restreinte ». Elle a été adressée aux plus hautes autorités (présidence de la République, Premier ministre, ministères de la Santé et de l'Intérieur) et pourrait bien révéler le prochain gros dossier de la ministre de la Santé.

« Le service des urgences malade d'un engorgement massif », est-il ainsi écrit en tête du premier paragraphe. Au point, précise la note, que « selon les syndicats, ce secteur semble au bord de l'implosion ».

Pas question de salaires, dans cette analyse, mais de la mise en lumière d'une dégradation des conditions de travail qui a déjà fait naître ici et là des mouvements de grève. Le plus souvent, la réduction du nombre de lits est évoquée comme contribuant, selon la note, à « saturer les services hospitaliers d'urgence ainsi que les unités d'hospitalisation de courte durée, en particulier avec les patients âgés ».

Ce document, cite ainsi les cas des hôpitaux de Lens (Pas-de-Calais), en grève depuis le 18 février, d'Orléans-la-Source (Loiret), où l'ensemble du personnel paramédical des urgences est en grève illimitée depuis le 1 er mars. Les cas du Mans (Sarthe), de Roanne (Loire) sont également évoqués... Sans compter la saturation des hôpitaux consécutive à la récente épidémie de grippe. Le Parisien cite, à titre d'exemple, la région Poitou-Charentes la saturation n’a épargné « aucun des hôpitaux, que ce soit à Poitiers, Angoulême, La Rochelle, Niort ou encore Thouars ».

Et la note de mettre en garde contre un risque social : « Compte tenu de la fragilité économique des établissements hospitaliers et des annonces de restrictions budgétaires, quelques mouvements de protestation pourraient prendre corps. »

La note et son constat, en plus des problèmes d’effectifs, parlent de manque de médecins dans les maisons de retraite, de manque de disponibilité des médecins de ville, de moins en moins nombreux... Autant de point sur lesquels la CGT ne cesse pointer, et de dénoncer.

Depuis des années, la CGT dénonce les plans d’économies qui détruisent lentement mais sûrement notre système hospitalier.

Le seul objectif annoncé par le gouvernement est un équilibre financier impossible à atteindre face aux besoins qui ne cessent d’augmenter, ce qui se traduit, à l'opposé, par des fermetures de services et d’hôpitaux ainsi que des réductions d’effectifs.

A cela s’ajoute, ce qui est particulièrement scandaleux, un endettement de plus en plus important des établissements avec des emprunts, notamment toxiques, à des taux prohibitifs qui nourrissent les bénéfices des banques !

Cette situation est intolérable pour les patients et pour les personnels, mais aussi pour la situation de l'emploi dans notre pays.

A l’opposé du plan, annoncé par le gouvernement, la CGT exige un moratoire à toutes les fermetures programmées et un collectif budgétaire pour répondre à cette situation afin d’embaucher des personnels — et aussi de lutter contre le chômage — et de rouvrir des lits. Il faut rompre avec cette logique financière mortifère qui est en train de tuer l’hôpital public.

La CGT appelle les salariés des hôipitaux à se mettre en grève le 9 avril 2015, et à rejoindre les autres salariés dans les manifestations prévues:

En Seine-Maritime, les rassemblements interprofessionnels auront lieu le 9 avril :

  • Rouen, 10h00 Cours Clémenceau
  • Le Havre, 10h30 à la Sous-Préfecture
  • Dieppe, 10h00 Gare SNCF

 

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