Cession de Davigel au fond de pension "Bain Capital" !

Aujourd’hui le groupe Nestlé confirme dans un communiqué être entré en négociation exclusive avec le groupe "Brakes" pour la cession de Davigel

La Direction annonce son choix du groupe BRAKES, en tant que repreneur officiel pressenti, qui est détenu par "Bain Capital", firme de Boston spécialiste en capital-investissement.

Après des mois d’inquiétudes sur l’avenir de l’entreprise Davigel, Nestlé annonce la couleur !

C’est la conclusion redoutée par les 3100 salariés de l’entreprise sur toute la France dont 750 autour de Dieppe, où se trouve le siège social de l’entreprise.

En effet, Nestlé avait décidé de s’en séparer depuis Novembre 2014, jugeant l’activité "non rentable" compte tenu des exigences des actionnaires.

Non rentable ? Comme l’entreprise des plats cuisinés de Beauvais, fermée en Mars 2014; non rentable aussi la marque Queyzac en cours de cession !

Davigel est une entreprise florissante !

Pour preuve, la mise en place d’un centre d’expertise culinaire de 3000m2 inauguré en grandes pompes par le groupe en 2011, suivi par le développement d’activités de desserts haut de gamme pour la restauration professionnelle, la signature de contrats hospitaliers à Toulouse, la réorganisation de sa force de vente, et dernièrement, le développement de la cuisine traiteur dans sa filiale de Houdebine.

Entre 2008 et 2012, les bénéfices reversés sous forme de dividende ont atteint les 72.000.000 € !

Le retour sur investissement est jugé aujourd’hui insuffisamment performant par Nestlé.

Cette transaction pose question : une entreprise jugée non rentable par Nestlé, groupe reconnu pour sa recherche efficace et obsessionnelle de profits, vendue à un spécialiste de capital-investissement ?

Le groupe BRAKES, déjà présent en France, travaille notamment dans les surgelés, il est d’ailleurs le concurrent n°1 de Davigel.

Ceci n’augure rien de bon en termes d’emploi et de conditions de travail pour l’ensemble de ses salariés concernés.

Que valent les promesses de "préserver les conditions sociales de l’entreprise" quand elles sont soumises à la stratégie d’actionnaires dont le seul objectif est la rentabilité financière rapide et à tout prix ?

Nous allons bientôt rentrer en phase de consultation pour émettre un avis sur ce projet qui sera présenté lors des réunions extraordinaires du comité d’entreprise.

Un certain nombre de questions restent en suspens, malgré un engagement du groupe BRAKES sur les 18 prochain mois, tel que :

  • > L’avenir du siège social
  • > Les postes en doublons (Marketing, Force de vente, Fonction support, etc)
  • > Le montage financier (LBO*)
  • > La possibilité de fusion entre nos sociétés ?

Et après les 18 mois ?

Autant de points qui devront être éclaircis lors de la présentation du projet qui sera examiné point par point avec l’appui de nos experts comptables pour se prévenir d’éventuelles spéculations financières au préjudice de nos emplois.

La CGT assure les salariés de Davigel de son indéfectible solidarité et de son complet engagement dans la bataille qui vient pour la préservation des emplois et des métiers de leurs entreprises à long terme.

Pour :

  • La CGT Nestlé France: Patrick Fernand, Délégué syndical central
  • La CGT DAVIGEL: Stéphane Baumgarthen,  Délégué syndical central
  • L’UL CGT DIEPPE:  Mathias Dupuis, Secrétaire Général

*Le LBO, de l’anglais "Leverage Buy-Out", est un terme générique désignant un montage juridico-financier de rachat d’entreprise par effet de levier ("leverage"), c’est-à-dire par recours à un fort endettement bancaire.

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