Les syndicats ont la cote auprès des jeunes

À la veille de la journée d’action contre l’austérité lancée le 9 avril 2015 à l’appel de la CGT, FO, la FSU et Solidaires, une enquète que le syndicalisme a la cote chez les jeunes, malgré:

  • > les campagnes anti-syndicales à répétition,
  • > le défilé des grands patrons de groupes capitalistes dans les médias,
  • > le culte du "gagneur",
  • > l'occultation du syndicalisme et des syndicalistes dans les médias, qui leur préfèrent des pseudos "experts" à la solde du Medef, lorsqu'il s'agit de réfléchir sur un sujet donné. Toutes les études montrent, en effet, que l'on invite essentiellement les syndicalistes lorsqu'il s'agit de parler de grèves et de luttes, et jamais dans le cadre de débats de société.

Selon une enquête, publiée ce mardi 7 avril par l’association Astrees, 61% des jeunes de moins de trente ans ont une vision plutôt positive des syndicats. Seuls 15% des jeunes leur reprochent de beaucoup contester sans rien proposer, encore moins, 10% les jugeant dépassés.

Parmi les jeunes interrogés, dont 49% sont déjà en activité, seuls 8% pourraient s’engager ou sont déjà engagés dans un syndicat. Cela correspond au taux de syndicalisation moyen recensé dans le pays, selon les dernières données disponibles. Le taux est quasi triplé pour ceux dont un des parents est déjà syndiqué.

Les sondés estiment notamment que les syndicats protègent les salariés contre les abus des employeurs et permettent d’améliorer les conditions de travail.

Il considère cela d'autant comme une tâche importante des syndicats, puisque, pour 81% des jeunes interrogés, le plus important dans un emploi est d’être dans une ambiance de travail agréable. Suivent l’importance de faire quelque chose d’intéressant (74%) et l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée (74%).

Pour eux, la réussite professionnelle repose d’abord sur les compétences (79%), l’effort personnel (72%), devant les relations (63%), le diplôme (45%) et la chance (30%). Près de 90% se sentent engagés au travail, même si 32% pourraient quitter leur poste du jour au lendemain facilement, et les trois quarts sont optimistes sur leur avenir professionne

Problème: les sondés ne comptent cependant pas sur les syndicats pour défendre les "grandes causes".

Les jeunes miseraient d’abord sur les associations (55%) et les ONG (31%), loin devant les syndicats (8%) et les partis politiques (7%).

Par ailleurs, cette enquête montre que près de six jeunes sur dix (58%) pourraient participer à un mouvement de révolte de grande ampleur de type « Mai 68″ ou « Notre-Dame des Landes ».

Est-ce si surprenant ?

  • > Qui connait réellement, par exemple, les initiatives syndicales qui ont suivi la catastrope récente du Rana Plaza au Bangladesh ?
  • > Qui connait l'action de la CGT pour le droit au logement ?
  • > Qui connait réellemet l'implication de la CGT dans la défense des droits des précaires ?
  • > Qui connait le rôle de la CGT dans la promotion et la défense du droit aux vacances ?
  • > Qui connait le rôle qu'a eu la CGT dans la défense de la Paix ?
  • > Qui connait l'implication de la CGT dans le soutien et la défense des syndicalistes mis à mal partout dans le monde ?

Peu de monde le sait, car cela ne fait jamais la Une des médias !  

N'oublions pas que la mise en avant des associations et des ONG, en lieu et place des syndicats, est, en effet, une marque historique permanente des campagnes antisyndicales patronales et gouvernementales depuis la création de la loi de 1901. Les grands patrons et les forces réactionnaires, et les médias à leur service, ont toujours vu dans les associations une opportunité pour combattre la loi de 1884 qui a légalisé les syndicats, pour combattre le confédéralisme (marqué par la création de la CGT en 1895).

Cela a donné lieu, notamment, à de vastes polémiques dans les années 20 et 30 du 20e siècle pour savoir si les fonctionnaires devaient, ou non, avoir le droit de se syndiquer. De même cela reste le coeur d'un débat qui traverse toujours le monde du travail en France, entre les Confédérés, et ceux qui préfère l'Autonomie. 

Au fond, il s'agit, pour eux, de combattre l'idée que "la défense des intérêts des salariés ne s'arrête pas aux portes de l'entreprise", ce qui nécessite que les syndicats s'organisent au plan local, départemental, national et international. A bien regarder les choix éditoriaux des grands médias, ainsi que les personnalitées à qui l'on tend les micors, ou celles qui sont majoritairement invitées, on remarque que cette permanence est loin de s'éteindre.

En tout état de cause, il s'agit aujourd'hui, pour les syndicats, de transformer la cote qu'ils ont auprès des jeunes, en renforcement et organisation, c'est à dire en adhésions.

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