Fonctionnaires: la prétendue hausse des salaire, n'est pas pour demain !

Le 16 juin 2015, Marylise Lebranchu a présenté les nouvelles propositions du Gouvernement en matière de revalorisation des rémunérations des agents publics.

Cela a donné lieu à un tapage médiatique: en fait c'est une tempête dans un verre d'eau !

Le gouvernement poursuit sa politique d'austérité.

Osons le mot: l'État est le pire des patrons ! Il méprise ses salariés !

  • > Le problème pour les salariés du privé, c'est que le blocage des salaires des fonctionnaires sert d'exemple ! Les patrons copient l'État, et bloquent les salaires du privé !
  • > Le problème pour les retraités ? C'est que lorsque les pensions des retraités augmentaient, alors que les salaires des fonctionnaires s'affaiblissaient par rapport à elles, ça commençait à se voir. Donc le gouvernement a bloqué les pensions !
  • > Le problème pour l'activité économique ? Le gouvernement tue "la poule aux oeufs d'or"; en bloquant les salaires des fonctionnaires, on réduit les capacités de consommations; on ferme le robinet des carnets de commandes !

Que faut-il retenir des annonces gouvernementales ?

Dès 2017, et dès leur début de carrière, les "gains" bruts mensuels qu’obtiendraient les différentes catégories de fonctionnaires seraient:

  • > pour la catégorie C (c'est à dire les fonctionnaires à bas salaires, au niveau du Smic), de 31 € brut qui inclut les revalorisations déjà actées pour 2014 et 2015, qui, en fait se limitent à remettre les salaires au niveau du Smic,
  • > de 40 € brut pour la catégorie B (niveau bac, exécution qualifiée),
  • > de 74 € brut pour la catégorie A (niveau Bac +5), c'est à dire les petits cadres, les enseignants, etc..

Un "cadre A" (enseignant, cadre de 1er niveau) de la fonction publique: seulement 22% au dessus du Smic en 2020 !

Oui, pour un enseignant certifié (Bac +5), ou un fonctionnaire de corps équivalent, le salaire à l’entrée dans la "carrière"  (les guillemets sont importantes !) seraient porté à 1387,39 € net, soit une augmentation nette de 60,82 €., c'est à dire seulement 22% au dessus du Smic. L'indice de début deviendrait le 365 au lieu de l’indice 349. Une aumône !

Comment, avec un salaire si faible, attirer vers le métier d’enseignant des jeunes à qui on aura demandé d’obtenir un MASTER, après 5 ans d’études post-bac, tout en passant un concours réputé difficile ?

L’augmentation prévue pour les catégories B et C est tellement ridicule qu’elle ne mérite même pas qu’on s’y attarde.

La proposition de revalorisation des fins de carrière est tout autant affligeante !

En 2020, à la fin du processus de revalorisation, les mêmes catégories de fonctionnaires, en fin de carrière, ne gagneraient jusqu’à plus de 130 euros bruts supplémentaires par mois :

  • > 32 euros brut pour les catégories C,
  • > 88 euros brut pour les catégories B,
  • > 134 euros brut pour les catégorie A.

Or, déjà dès 2015, la perte de pouvoir d'achat de ces catégories dépasse les propositions de revalorisation annoncées pour 2020 !

Car pour maintenir le pouvoir d'achat, une revalorisation substantielle et immédiate de 8% du point d’indice bloqué depuis le 1er juillet 2010 serait nécessaire, dès le 1er juillet 2015.

Sans oublier qu'avant le blocage des salaires des fonctionnaires, leur pouvoir d'achat s'était érodé régulièrement, les gouvernements successifs n'ayant jamais accordé d'augmentations au niveau des hausses de prix calculées !

Pour revenir au niveau de pouvoir d'achat des années 1990, une augmentation immédiate de 400 euros pour tout-e-s les fonctionnaires serait un minimum.

La CGT appelle l'ensemble des personnels des fonctions publiques à se mobiliser, et à pousser plus fort en avant la question des salaires et de l'emploi !

Saisissez-vous de la mobilisation interprofessionnelle du 25 juin, proposée pa la CGT, qui porte principalement sur les salaires.

Marre des campagnes anti-fonctionnaires !

Les médias déversent en permanence des tombereaux de contrevérités, voire d'insultes contre les fonctionnaires !

Des contrevérités ? Voici quelques exemples:

  • > Les médias continuent à parler de DDE, pour en stigmatiser ses fonctionnaires ! Mais la DDE n'existe plus depuis l'an 2000 ! Le ministère de l'équipement a été vidé de ses fonctionnaires, et ses activités transférées aux régions, aux départements et aux communes
  • > La Poste va mal ? Normal, elle est privatisée ! La Poste n'a plus embauché de fonctionnaires depuis 1990
  • > Les télécoms sont chers? Normal, France Telecom privatisé est devenu Orange ! Sa direction a supprimé la moitié de ses emplois depuis 1997: cela fait 80 000 emplois en moins pour les jeunes !
  • > Les fonctionnaires territoriaux ? Ils ont les salaires les plus bas de la fonction publique ! Les mairies font diriger des équipes de 20 à 50 personnes par des fonctionnaires de "catégories B", dont le salaire moyen est inférieur à 2000€ net mensuel ! Qui dans le privé accepterait de telles responsabilités pour un tel salaire de misère ?
  • > Les hospitaliers ? On leur vole leur RTT ! Depuis la mise en place des 35 heures, on leur refuse la possibilité de prendre toutes leurs RTT, car il manque des emplois ! Qui, dans le privé, accepterait de faire des heures supplémentaires sans être payés !
  • > etc.

Le gouvernement prétend lutter contre le chômage? Qu'il montre l'exemple en remplaçant au moins les départs en retraites !

Alors, oui, pour dire halte au mépris, et halte à l'autérité ! Pour retrouver de la dignité, tous dans l'action le 25 juin 2015 !

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