Collectivités territoriales: austérité à tous les étages

Les chiffres sont tombés et ils sont sans appel. La dotation de l’État a été notifiée le 21 août à la Ville de Dieppe par le préfet, comme elle a été signifiée, dans les mêmes proportions aux autres communes.

Le manque à gagner est de près d’un million d’euros pour la Ville de Dieppe !

Le budget 2015 devrait donc s’équilibrer sans 960 957 euros manquant, au prétexte "de la contribution de la commune au redressement des finances publiques", c'est à dire e "bon français", pour financer les 50 milliards d’euros de cadeaux au patronat dans le cadre du pacte de responsabilité qui transfère cette somme des caisses de l’État aux caisses des entreprises qui s'empressent de le transférer à leurs actionnaires.

Depuis 2008, la baisse de la participation de l'État à la Ville de Dieppe représente, compte tenu de l'inflation, un manque à gagner 3,3 millions d'euros en 2015 – soit une perte de recettes cumulée de 10,5 millions en 7 ans ! Et ce n’est pas fini puisque de nouvelles ponctions sont annoncées pour 2016 et 2017. La baisse de la dotation aux collectivités atteindrait 30 milliards d’euros en 2017, soit une diminution de 30 % par rapport à 2013

Pour donner un ordre d’idée de ce que ces sommes représentent, il faut savoir que la Ville de Dieppe consacre en 2015 :

  • 1,6 million pour la voirie.
  • 930 000 € pour parachever la rénovation complète du complexe sportif Auguste-Delaune (squash, tennis extérieur, contrôle d’accès),
  • 700 000 euros pour soutenir la Scène nationale,
  • 150 000 euros pour la poursuite des travaux d’aménagement de l’espace public et des bâtiments en faveur des personnes à mobilité réduite (PMR),
  • 566 000 euros pour l’insertion et les aides de solidarité aux familles…

A l'évidence, les villes sont incitées à réduire leurs investissements, ce qui aura évidemment des conséquences dramatiques sur l'activité économique locale, et donc l'emploi.

Rappelons que les collectivités locales (Région, départements, communes) sont les premiers investisseurs en bâtiments et travaux publics.

On peut donc craindre un ralentissement particulièrement fort de l'activité économique dans ce secteur, et donc à un accroissment massif du chômage.

A noter ausesi qu’environ la moitié du budget de fonctionnement de la ville va aux salaires des employés territoriaux. Or ceux-ci subissent une austérité renforcée depuis juillet 2010, date depuis laquelle leur salaire est bloqué. La crainte reste qu’ils ne soient, comme tous les autres territoriaux de France, la variable d’ajustement de cette politique d’austérité.

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