Air France : Martinez, "Perdre son boulot, ça c'est violent"

Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT était l'invité de France Info de matin.

Interrogé sur les incidents qui ont eu lieu hier à Air-France il a refusé

> Ni de les cautionner,

> Ni de les condamner,

Mais a relevé plusieurs paradoxes, et notamment celui-ci:

  • > "Ces incidents ne desservent pas la lutte des salariés d'Air-France,"
  • > "Mais en même temps, il s'est interrogé l'importance et le temps que les médias auraient consacré à un plan de licenciement de 3000 salariés, s'il n'y avait pa seu ces incidents; licenciements venant après 15 000 autres qui ont précédemment eu lieu dans l'entreprise".

Il a estimé que "ce déchainement médiatique est démesuré, et souhaite qu'on accorde un peu plus d'importance à ces 3000 licenciements".

La violence sociale, il faudrait en parler un peu plus que ces images et ces incidents, a-t-il dit.

Il a estimé qu'il y avait "besoin d'un débat autour de la conception du dialogue social, en soulignant que les salariés sont en colère, et son exaspérés. ils savent bien ce que cela veut dire que d'être licenciés: ça c'est violent. "

"C'est la menace de ne plus trouver de boulot pendant des mois et des mois, c'est la menace d'être expulsé de chez soi. De nombreux chômeurs sont SDF," etc.

Comment on se fait entendre, et comment on est entendu dans ce pays quand il y a ce genre de problème ? C'est cela la vraie question.

Interrogé sur les déclarations de Manuel Valls, qui est venu apporter son soutien à la direction d'Air-France, il a déclaré qu'"il faudrait aussi qu'il apporte son soutien en 3000 licenciés et que l'État prenne ses responsabilités. A chaque fois qu'il y a un plan de restructuration et des licenciements, cela devrait intéresser le gouvernement, et le gouvernement devrait intervenir, notamment dans une entreprise où il a une part importante du capital." (...)

Le rôle des politiques c'est d'écouter les salariés qui sont en colère.

"Pour l'instant on écoute trop souvent le Medef, presque systématiquement, et cela se passe maintenant depuis plusieurs années".

Concernant la situation d'Air France en regard des entreprises concurrentes du moyen orient, et low-cost, il a constaté que "les compagnies aériennes des Émirat sont financées à 100% par leur État, alors qu'en France l'État, actionnaire minoritaire, ne veut pas mettre un centime supplémentaire".

"Qu'est-ce qu'on dit de ces mêmes compagnies concurrentes qui obligent leurs personnel navigant — notamment les femmes — à demander la permission pour se marier : est-ce que c'est cela l'avenir qu'on nous propose ? Est-ce que c'est cela le progrès social ? Est-ce que c'est cela la voie du progrès ? Non, c'est une vraie régression !"

Il en a profité pour dénoncer les conditions de travail des salariés des compagnies low-cost, obligés de se financer leurs propres uniformes.

"On prépare l'avenir en retournant des les conditions de travail du 20e et du 19e siècle." a-t-il ajouté.

Concernant le rôle de l'État, qui est actionnaire à hauteur de 17% dans Air-France, Philippe Martinez a estimé que celui-ci avait deux positions possibles:

  • "Soit se comporter en actionnaire privé, et empocher les dividendes,
  • "Soit il dit mois je suis un responsable politique et je veille à inverser la courbe du chômage en France,

"Intervenir, c'est cela qu'on demande à l'État !

Réussir le 8 octobre pour être entendus !

Philippe Martinez a réitéré son appel à la réussite de la journée d'action du 8 octobre:

"Lorsqu'il y a des mobilisations, soit on écoute les salariés, soit on dit "faites ce que vous voulez, on continue à faire ce qu'on veut".  "Si les mobilisations ne sont pas entendue, l'exaspération et la colère montent. Les syndicats ne sont pas là pour faire les pompiers de service. Face à la colère, soit le patronat et le gouvernement écoutent, soit on s'expose à une grave colère des salariés, et, malheureusement, à des gestes comme ceux qu'on a connu à Air-France".

Ce qui s'est passé à Air-France cela devrait être un signal d'alerte !

La CGT fait des propositions, ne cesse de faire des propositions, de multiples propositions.

Mais s'il n'y a pas de rapport de force, les syndicats ne sont pas entendus.

C'est pourquoi la journée du 8 octobre est importante. Il faut qu'il y ait beaucoup de monde qui s'exprime.

 

 

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