Dans l’éducation, c’est comme ailleurs : Toujours plus d’austérité, de management et de précarité

Grève et manifestations le 8 octobre

Toujours moins de moyens

L’Éducation Nationale serait un ministère prioritaire. On se demande ce qu’il en serait si ce n’était pas le cas ! En effet, la consultation du site du ministère dément de manière cinglante les annonces sur les créations de postes : de 2010 à 2015, 4 000 enseignants en moins pour 300 000 élèves en plus ! De même, pour faire avaler la pilule de la « réforme » du collège, la ministre a annoncé la création de 4 000 postes mais en annulant les 4 000 créations de postes prévues dans les lycées professionnels !

Les classes restent donc surchargées, les dispositifs ULIS se généralisent dès l’école et remplacent les CLIS en inversant la notion d’inclusion, les postes de remplaçants, de RASED, d’AESH, entre autres, font cruellement défaut et l’école se porte mal.

Pas besoin de chercher la cause du côté des pratiques pédagogiques, l’école n’a tout simplement pas les moyens de fonctionner correctement parce ce gouvernement, comme les précédents, mène une politique de défense des intérêts de la classe dominante. Et ce sont les classes populaires qui trinquent, une fois de plus.

Toujours plus de déréglementation et de management

Le gouvernement cherche à nous faire travailler plus sous couvert de travailler ou d’enseigner « autrement ». La hiérarchie – chefs d’établissement ou corps d’inspection – a pour mission de manager davantage les personnels afin d’exiger d’eux toujours plus d’ « investissement » (multiplication des réunions, formations obligatoires, management par le projet…). Cette dérive est facilitée par l’introduction récente de la référence aux 1607 h annualisées dans le secondaire, par les projets éducatifs territoriaux (PEdT) ou la liaison école-collège dans le 1er degré.

La « réforme » du collège, inspirée de celle des LP et du lycée, renforce l’autonomie des établissements, en réalité celle des chefs d’établissement. Les EPI, l’accompagnement personnalisé, la déréglementation des horaires et des contenus disciplinaires, la suppression d’options leur donnent plus de latitude, pour imposer cette autonomie, déshabiller Pierre pour habiller Paul et mettre ainsi les personnels en concurrence.

Cette réforme n’a en réalité qu’un but : augmenter la productivité des enseignants, austérité oblige. Ce n’est pas un hasard si cette réforme s’inspire directement d’un rapport de l’inspection des finances de 2006.

Toujours plus de précarité

Comme bien d’autres employeurs, l’Éducation nationale est un gros pourvoyeur d’emplois précaires. La situation est souvent pire que dans le secteur privé puisque des milliers d’enseignants ou d’administratifs sont recrutés en CDD, parfois pendant de nombreuses années, sans jamais être titularisés.

Concernant les personnels qui accompagnent les élèves en situation de handicap ou qui occupent un emploi d’aide administrative dans les écoles, la situation est scandaleuse : salaires en dessous du SMIC, contrat de 20 h. par semaine pour les CUI, CDIsation très difficile, absence de statut pour les AESH… Le projet de loi de finances programme d’ailleurs la création de seulement 350 postes d’AESH pour 10 000 contrats aidés pour accompagner les élèves en situation de handicap... 97% des créations d’emplois sont donc de la précarité de droit privé !

En outre, pour tous les personnels, les salaires sont gelés dans la fonction publique depuis 2010. Pourtant, il y aurait urgence à revaloriser les salaires, tant la perte de pouvoir d’achat est avérée. Par exemple, d’après le magazine Alternatives économiques, les professeurs des écoles font partie des 10 professions les plus mal payées.

C’est seulement par la lutte « tous ensemble » que nous pourrons gagner sur ces revendications. La grève massive et unissant tous les secteurs professionnels reste ainsi la meilleure arme des salariés. C’est pourquoi nous appelons les personnels de l’éducation à être en grève le 8 octobre 2015 afin de construire le rapport de forces qui permettra au monde du travail de relever la tête et de faire reculer le patronat.

La CGT Éduc’action revendique :

  • Un plan de recrutement massif de personnels (enseignants, vie scolaire, administratifs, personnels techniques, de santé…) dans l’Éducation nationale.
  • Une forte baisse du nombre d’élèves par classe (20 maximum)
  • Une augmentation de 400 euros pour tous
  • La titularisation de tous les personnels précaires
  • Le maintien et l’amélioration des garanties statutaires

Manifestations en Seine-maritime

Dieppe: 10h30 devant la Gare SNCF

Rouen: 10h00, rassemblement en bas de la rue de La République

Le Havre:

  • 10h00 devant Franklin, suivi d'une manifestation;
  • 13h00 à Octeville, conjointement et en solidarité avec les salariés de l'entreprise SIDEL

 

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