Dialogue social: la CGT milite pour qu'il y ait des progrès pour les salariés

Après le coup de pied de l'âne que lui a lancé le Président de la République et le Premier Ministre lors de la Conférence sociale, le secrétaire général de la CGT a dénoncé une représentation caricaturale de son syndicat.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé mardi sur Europe 1, que le Président de la République s’était montré « un peu caricatural » vis-à-vis de son syndicat qui a refusé de participer de la quatrième conférence sociale.

Lundi, François Hollande avait taclé à plusieurs reprises la CGT, déclarant notamment « qu’il était commode de ne jamais s’engager à signer le moindre accord en espérant que d’autres le feront à leur place, tout en dénonçant les insuffisances du dialogue social ».

L’accord sur les retraites complémentaires est régressif ! C'est donc normal que la CGT ne signe pas !

Par exemple, l’accord sur les retraites complémentaires signé vendredi dernier, par la CFDT, CFTC et CFE-CGC, conduira les employés à travailler un an de plus ou accepter une décote de 10 % de leur pension. D'après Philippe Martinez, il « revenait à gérer la misère » et « faire travailler les salariés plus longtemps s’ils veulent manger ».

Si le syndicat a refusé de parapher cet l’accord régressif sur les retraites complémentaires, le secrétaire général a tenu à rappeler que la CGT « signe plus de 80 % des accords, soit dans les branches, soit dans les entreprises, soit au niveau interprofessionnel. » Le leader a donc précisé : « Entre un et aucun (accord), il y a une petite différence, il est mal renseigné s’il pense cela (...) »

L'ennemi de François Hollande et de Manuel Valls n'est pas la finance: c'est la CGT !

Après François Hollande, Manuel Valls n’y était pas allé de main-forte contre le syndicat en conclusion de la Conférence sociale, en fustigeant ceux qui s’enferment « dans les postures ». « Aujourd’hui, certains donnent des armes aux adversaires du dialogue social (…) L’alternative est simple : soit nous donnons raison à ceux qui parient sur l’échec de tout dialogue (…) soit nous faisons la démonstration que le dialogue social permet de transformer le pays. »

Si le Premier Ministre et le Président de la République n’ont pas hésité à faire lourdement allusion à l’attitude de la CGT, et à se montrer offensif sur la prétendue nécessité impérieuse de dialogue entre syndicats et patronat, c’est pour mieux imposer un dialogue social sous influence du Medef et vecteur de casse du Code du travail.

Les réformes devraient servir à protéger et à améliorer les conditions de vie et de travail des salariés, et pas le contraire.

Car, pour Philippe Martinez, « Encore faut-il s’entendre sur le mot réforme »; il faut qu’il y ait un « mieux pour les salariés ».

Le leader de la CGT a déploré que la question du temps de travail et du salaire soient notamment mises sur la table lors de la Conférence sociale.

Pour Philippe Martinez, il faut revoir les méthodes de discussion. « Ca fait plusieurs mois que l’on répète au premier ministre, au président que la forme de négociation n’est pas satisfaisante. On n’est pas entendu, il y a une forme d’agacement ».

Le gouvernement a des méthodes bizarres pour préparer ses conférences sociales:

  • D'abord l'ordre du jour initialement  prévu est bouleversé à moins de 15 jours de la réunion,
  • Le gouvernement a imposé son ordre du jour et refusé les points de discussion proposés par la CGT (et notamment les 32 heures),
  • Les dossiers sont arrivés très tardivement, rendant impossible aux participants de les préparer correctement,
  • Cerise sur le gâteau, l'ordre du jour de la conférence sociale a été modifié le jour même de la réunion (réforme du code du travail). Les organisateurs se sont donc moqué des organisations participantes.

En réalité, la conférence sociale n'avait pas le but de faire discuter des "partenaires sociaux" pour arriver à un accord.

Elle n'avait pour but que de servir la communication du gouvernement. Ce n'était donc pas une réunion sérieuse, et la CGT a eu raison de ne pas y participer.

Retour à l'accueil