Hôpital de Dieppe: Compte rendu de la Grève du 1er octobre.

Compte rendu intersyndical CGT et FO de la Grève du 1er octobre.

Les fédérations Santé CGT, FO et SUD, rejointes par la CFTC, appelaient à la grève et à la mobilisation dans les hôpitaux pour le retrait de la loi Touraine, l’arrêt des coupes budgétaires et des fermetures de lits.

A Dieppe, le jeudi 1er octobre a commencé par la diffusion de 1500 tracts (de 6h à 9h) aux 2 ronds point proches de l’Hôpital.

A 10h, les collègues se sont rassemblés avec FO et CGT, devant la Direction générale.
Au total 50 collègues ont participés au rassemblement (Imagerie, secteur 12, Conifères, Conifères extension, UCP, UFI, SCB, Labo, Médecine G, Endocrino, Chir Urodige, BdA, Urgences, Ateliers, Centre du Pollet, Secrétariat, SSR, Standard, Réa…)

Le directeur a fait recevoir une délégation une délégation de 12 personnes par la DRH, et la Directrice des Soins.

Concernant les CDD.

La délégation a présenté 500 signatures de collègues demandant la mise en stage des contractuels de plus de 2 ans.
Nous avons dit notre total désaccord avec la note de la Direction du 1er septembre 2015, qui a remis cette règle en cause et bloque toute mise en stage.
Nous avons lu les témoignages, écrits par différentes collègues concernées.
Une IDE écrit : « Actuellement en CDD depuis des années, contrat après contrat, nous sommes désespérés, malgré un investissement dans notre travail, des chefs et cadres de services satisfaits. Vous abusez des CDD pour ne pas créer de postes. Raison évoquée : Manque de budget, alors que le travail est fait de la même façon qu’un salarié fonctionnaire ».

Une aide soignante : « Depuis 2 ans et demi sur le site de l’hôpital et toujours contractuelle. Je suis actuellement sur une création de poste et en contrat jusqu’à la fin de l’année 2015. Le fait de ne pas être stagiarisée me freine dans tous mes projets personnels (crédit, maison, projet Bébé, mariage…). Cette instabilité joue sur mon moral. A chaque fin de contrat, je croise les doigts pour être renouvelée. J’arrive à un âge où je veux avancer dans la vie, faire des projets avec mon conjoint, et cela est impossible pour moi ».

Une ASHQ : « En CDD depuis 2012, avec des ruptures de contrats plus ou moins importantes, je me trouve régulièrement face à des refus pour des prêts à la consommation. Actuellement, je suis dans l’incapacité de faire un prêt immobilier ».

La Direction a répondu que les mises en stage ne peuvent se faire que sur des postes réellement vacants, et qu’actuellement il n’y en a pas.

La délégation : Vous nous avez indiqué que 69 postes sont laissés libres, notamment par des mises en disponibilité ? Il est peu probable que les 69 reviennent au même moment sur leur poste. Pourquoi ne stagiarisez vous pas sur ces postes comme cela se faisait avant ?

Direction : 10% de ces dispos sont utilisées pour des mises en stage.

Délégation : Il serait possible de stagiariser bien davantage (il y a plus de 100 agents en CDD de longue durée).

Direction : En début d’année, il y aura des stagiarisations au regard des postes vacants

Sur les effectifs.

Délégation : Pour dire les choses sans langue de bois, il va falloir augmenter les effectifs, augmenter la masse salariale.

Aux Urgences, le personnel doit faire face à la surcharge de travail. Chaque matin il y a les patients en grand nombre qui ont dormi dans les Urgences (les dodolà). Alors il faut des AS, des IDE et des ASHQ en plus. Ce n’est pas le cas sauf la semaine de l’Accréditation où il y a eu 4 AS en plus.

Direction : Les cadres et les cadres sup sont sur les courbes d’activité des Urgences, chaque fois on essaie de mettre des renforts… L’évaluation est faite tous les matins…

Délégation : C’est constamment. Il nous faudrait une AS en plus du matin.

Direction : Il y a augmentation réelle de l’activité des Urgences. Pour la première fois on constate une surcharge même à ces périodes de l’année. On essaie de vous envoyer des aides.

Délégation : La polyvalence n’est pas le bon système, il faudrait 2 AS du matin côté Urgences… Il y a épuisement du personnel.

Direction : Nous réfléchissons sur l’augmentation de l’effectif, et sur le projet d’une nouvelle AS du matin.

Délégation : Pour la médecine gériatrique, nous avons demandé que le week end il y ait 2 IDE matin et 2 IDE l’après midi. Vous avez annoncé en CHSCT que ce serait le cas, mais cela supprimerait l’IDE en journée certains jours de la semaine.

Direction : Nous avons rencontré l’équipe… nous avons décidé d’augmenter l’effectif de +0,5 ETP IDE.

Délégation : Il faudrait une AS de journée en plus.

Une collègue aide soignante explique alors que les AS terminent souvent les toilettes à 12h45.

Sur les fermetures de lits et la polyvalence.

Délégation : Nous demandons que cesse la situation scandaleuse que nous avons connue au mois d’août en psychiatrie quand une unité a été fermée et qu’on s’est retrouvés avec 33 patients dans une Unité de 24 lits. Maintenant que l’expérience désastreuse a été faite, nous demandons que cela ne se renouvelle pas pendant les 15 jours Noël-Jour de l’an.

Est-ce qu’on attend un problème grave ?

Il s’agit du bien être et de la sécurité des patients. Là on est dans la maltraitance. Normalement le placement en chambre d’isolement c’est une prescription médicale.

En août on n’a eu de renfort que la nuit.

Direction : Vous avez aussi eu du renfort de journée

Délégation : Je voudrais bien que l’on me montre la liste des renforts de journée qu’on a eue.

Direction : Vous avez eu des renforts au regard de l’activité.

Délégation : Je travaille en Urodige, un après midi on m’a envoyé à l’UFI (service de psychiatrie fermé) alors que je ne connaissais pas. On m’a donné un Bip. Je rasais les murs…
Délégation : C’est aberrant et dangereux

Direction : Les renforts n’ont pas été envoyés de force. L’agent peut refuser. C’est au volontariat.

Délégation : On ne m’a pas laissé le choix.
Délégation : Est-ce que vous abandonnez ce projet de fermeture fin décembre ?

Direction :... Ce sont les médecins qui peuvent décider. Vous connaissez le problème de démographie médicale pour les psychiatres.

Délégation : La Direction qui est garante des soins doit pouvoir dire non aux fermetures.

A la fin de l’entrevue, la délégation constate son désaccord avec les réponses de la Direction concernant les CDD, et le refus de prendre des engagements pour les mises en stage.

Et maintenant ?

Le 1er octobre les collègues avec CGT et FO ont monté leur détermination pour que cesse la dégradation constatée dans les services.

La Direction a commencé à répondre concernant les effectifs aux Urgences, mais il faut maintenant du concret pour l’AS du matin supplémentaire que tout le monde sait indispensable.
Concernant la médecine G, la Direction a commencé à répondre pour les IDE et il y a besoin de prendre en compte la surcharge de travail des AS.

Concernant la polyvalence, nous enregistrons que c’est sur la base du « volontariat ».

Concernant les fermetures de lits en psychiatrie : Nous espérons très vivement avoir été compris et entendus. Si le projet de fermeture persiste, nous prendrons toutes dispositions publiques.

Concernant les CDD : C’est le point noir, la Direction ne semble pas entendre.
Nous demandons que, sur 50% des postes correspondant à des dispos (soit 35), soient étudiées des mises en stage à l’ancienneté. Ce qui permettrait largement de mettre en stage les CDD de plus de 2 ans.
Nous allons donc redoubler d’efforts, nous demandons à tous les CDD qui le peuvent de nous adresser des témoignages anonymes sur leur situation.

Nous prendrons les moyens de nous faire entendre de la Direction générale avec l’appui des collègues.

Enfin soulignons que notre action a rencontré un bon écho dans la population et dans la presse locale (Informations Dieppoises et Paris Normandie).

Dieppe, le 2 octobre 2015.

 

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