Retraite: Le chanteur Didier Wampas, honteusement attaqué par le magazine Capital

Ah! La retraite et les retraités ! Comme les supporters du Medef aimeraient les casser !

Ils sont tous dans les startings-blocks pour donner le coup de grâce à la retraite, pour revenir un siècle en arrière. Pour eux, c'est "No-futur" pour les salariés ! Qu'ils crèvent au boulot les vieux ! Ou alors au chômage ! Car, pour les exploiteurs, la jouissance de la Liberté devrait n'être réservée qu'aux riches !

La preuve donnée par Capital à propos de Didier Wampas, désigné à la vindicte populaire comme "Salop de retraité privilégié !" La ficelle est tellement grosse que même le Canard-Enchaîné, en a été choqué.

Il est vrai que ni les fonctionnaires ni les agents de la RATP, ni ceux de la SNCF ne sont pour quelque chose dans le recul d'un an du versement de la retraite complémentaire, qui vient d'être décidé par le Medef, CFDT, CFTC, CFE-CGC. Il suffirait pourtant que, comme à la RATP ou la SNCF, les employeurs cotisent plus pour leurs salariés, pour, au contraire, permettre d'avancer l'âge de départ en retraite.

Salaud de chanteur petit retraité de la RATP [titre de l'article du Canard]

Consacrant un dossier accusateur à l' "extravagant train de vie du secteur public", le mensuel Capital (Octobre) au chapitre des retraites "incroyablement généreuses", prend en exemple le chanteur punk rock Didier Wampas, photo à l'appui. Avec une petite flèche décochée à ce bouc émissaire tout désigné: "Régimes spéciaux: leurs privilèges coûtent plus de 5 milliards par an aux contribuables."

De quoi le privilégié Wampas est-il coupable?. D'avoir pris sa retraite de modeste employé de la RATP, en 2012, à l'âge de 50 ans. "Cet heureux pensionné pourra dédier ses concerts à Nicolas Sarkozy", fulmine le magazine, car Sarko, loin de mettre fin aux régimes spéciaux, "n'a fait que conforter leurs avantages inouïs (départs anticipés, meilleures pensions...)"

Didier Wampas fait, en réalité, partie des rares artistes ayant refusé de profiter du système des intermittents du spectacle. Il recadre le tableau en ces termes: " j'ai préféré continuer de travailler pour ne pas dépendre des ventes d'albums". Et ce, afin de bénéficier d'une plus grande liberté artistique.

Comme il ne confie volontiers, le musicien a continué à faire les trois-huit pendant trente ans, comme technicien électricien à la RATP, tout en assurant ses concertes. N'ayant eu droit à aucun avancement et à aucune promotion durant sa carrière, il a pris sa retraite dès qu'il a pu le faire, mais sans attendre le maximum de ses droits.

"Capital", qui a aussi le régime des intermittents dans le collimateur, aurait dû calculer ce que le chanteur a fait économiser au contribuable, en évitant d'y avoir recours"

Le Canard Enchaîné

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