Grèce: Mobilisation contre la réforme des retraites

Non à la retraite à 67 ans !

Jusqu'à 100.000 travailleurs (40 000 selon la police) ont défilé à Athènes jeudi lors d’une grève générale de 24 heures qui a vu l’une des plus grandes mobilisations contre l'austérité en Grèce ces derniers temps.

La grève témoigne de la colère chez les salairés contre la politique d'austérité actuellement imposée par le gouvernement. Un rassemblement a aussi eu lieu à Thessalonique, la deuxième ville de Grèce (14 000 selon la police), et dans d'autres villes dont Patras, Larissa et la capitale de la Crète, Héraklion.

La grève, appelée par les fédérations syndicales du secteur privé (GSEE) et du secteur public (ADEDY), s’opposait à la diminution brutale des retraites imposée par Syriza à la demande des créanciers internationaux de la Grèce.

Sabrer dans les dépenses de retraites pour obtenir des prêts.

Le gouvernement s'est résolu à sabrer dans les dépenses de retraite à hauteur d'un pour cent du PIB (1,8 milliard d’euros) cette année, afin de recevoir de nouveaux prêts de sauvetage de l'UE. Il prévoit de réduire la retraite maximum de l’Etat de 2.700 euros mensuels à 2300 euros et de mettre en place une retraite minimum de base garantie de seulement € 384. Certaines retraites pourraient être réduites de jusqu'à 30 pour cent, cela alors que les gouvernements successifs ont déjà réduit les retraites onze fois depuis 2010.

L'appel à la grève a rencontré une réponse puissante.

Les vols intérieurs ont été cloués au sol, la plupart des transports en commun d’Athènes étaient paralysés; les trains et les tramways étaient totalement arrêtés et les ferries sont restés à quai. La grève a entraîné la fermeture des écoles, des tribunaux et des pharmacies, tandis que les hôpitaux publics fonctionnaient avec le seul personnel d'urgence. Les marins du syndicat maritime PNO ont rejoint la grève et ne devaient pas reprendre le travail avant aujourd’hui. Les travailleurs indépendants, y compris les avocats, les notaires, les chauffeurs de taxi et les ingénieurs ont également fait grève.

Les journalistes avaient débrayé avant la grève, coupant toutes les émissions d’actualités audiovisuelles. Les sites web ont été privés de mise à jour d’information et la presse écrite n’est pas parue jeudi.

La colère ressentie par des millions de travailleurs, de jeunes et de retraités était palpable à la manifestation d’Athènes.

Parlant de son attitude envers Syriza, le retraité Nikos Ghinis a déclaré à Reuters: « Ils devraient être pendus ici, sur la place Syntagma. Je reçois 740 euros par mois pour 40 ans de travail. ... Je suis (à la manifestation) ici pour mes enfants et petits-enfants ».

Une délégation de travailleurs de la Santé portait une grande banderole représentant une infirmière bossue avec une canne et l’inscription: « Voilà la retraite à 67 » une référence au prolongement de l'âge de départ à la retraite imposé par le gouvenement.

Le gouvernement a répondu à l’opposition croissante à son programme d'austérité avec la même brutalité que les gouvernements sociaux-démocrates et conservateurs qu'il a remplacés. Alors que la manifestation s’approchait de la place Syntagma, la police anti-émeute a attaqué les manifestants avec du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes.

La grève générale est l'aboutissement de semaines de contestation durant lesquelles il y eut des grèves et des manifestations presque tous les jours. Les marins ont lancé un certain nombre de grèves reconduites.

  • Le 28 janvier, les travailleurs des collectivités locales ont occupé les mairies pendant une grève.
  • Au début du mois, des milliers d'avocats avaient défilé à Athènes pendant une grève illimitée contre les coupes dans les retraites.

En Grèce comme en France, l'austérité n'est pas la solution: c'est le problème !

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