PROJECTION DÉBAT DU FILM "LA SOCIALE" DE GILLES PERRET MARDI 13 DÉCEMBRE À 20H30 À DSN

La sécu

Il y a 70 ans, les ordonnances promulguant les champs d’application de la sécurité sociale étaient adoptées ? Un vieux rêve séculaire émanant des peuples à vouloir vivre sans angoisse du lendemain voyait enfin le jour. Le principal bâtisseur de cet édifice des plus humanistes qui soient se nommait Ambroise Croizat.

Qui le connait aujourd’hui ?

70 ans plus tard, il est temps de raconter cette belle histoire de « la sécu ». D’où elle vient, comment elle a pu devenir possible, quels sont ses principes de base, qui en sont ses bâtisseurs et qu’est-elle devenue au fil des décennies ?

Au final, se dresseront en parallèle le portait d’un homme, l’histoire d’une longue lutte vers la dignité et le portrait d’une institution incarnée par ses acteurs du quotidien.

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Un peu d’histoire

Ce qui est créé en 1945, ce n’est pas la sécurité sociale dans les circonstances favorables de la Libération, c’est le régime général dans une lutte de classes acharnée.

En 1945, il ne s’agit en aucun cas d’une naissance de la sécurité sociale. La sécurité sociale existe bien sur avant et présente un fouillis institutionnel très abondant. Les patrons gèrent les allocations familials, des caisses paritaires gèrent en majorités les assurances sociales obligatoires en matière de santé et de vieillesse, les assurances gèrent les accidents du travail et les régimes spéciaux (mines, SNCF, fonctionnaires). Les taux varient d’une entreprise ou d’une branche à l’autre. Il n’y a rien dans toute cette sécurité sociale qui puisse mettre en cause le pouvoir patronal sur la production.

Ce que vont faire es révolutionnaires de 1945, c’est commencer à transformer ce fouillis institutionnel largement patronal en un régime général : caisse unique pour l’ensemble famille, santé, vieillesse, accidents du travail et maladies professionnelles, financée par un taux unique interprofessionnel et cotisation et gérée par les travailleurs eux-mêmes. Un tel régime est révolutionnaire : il constitue un salariat unifié, il ôte l’initiative au patronat, il permet à la classe ouvrière de se construire en gérant une part notable de la valeur (le tiers de la masse salariale en 1945) afin de l’affecter à une autre pratique du travail, sans employeur, sans actionnaires et sans prêteurs, qu’il s’agisse de la production de santé, de celle des parents ou de celle des retraités.

Dès 1944, quand se discutent les ordonnances d’octobre 1945, une telle capacité révolutionnaire fait l’objet d’un refus déterminé des gaullistes, de la SFIO, du MRP ; bref des paris de gouvernement qui ne concèderont aux communistes, malgré leur victoire électorale de l’automne 1945, que quelques strapontins dont ils seront éjectés par Léon Blum dès décembre 1946. A l’intérieur de la CGT, les fédérations animées par les socialistes, qui préparent la scission de 1947 pour fonder Force ouvrière, luttent contre la mise en place du régime général, à laquelle la CFTC refuse de contribuer ? Le patronat, loin d’être déconsidéré, est puissamment soutenu par les ministres non communistes qui font respecter l’interdiction de négocier les salaires pratiquée depuis 1938 et s’opposent à toute hausse alors que la pénurie sciemment organisée par le même patronat conduit à la hausse des prix : tout ce beau monde attend de la chute du pouvoir d’achat populaire un retournement des ouvriers contre les communistes et la CGT.

Dans le climat très hostile, Ambroise Crozat, alors ministre du travail communiste, assisté par un haut fonctionnaire Pierre Laroque, réussit pourtant à lancer le régime général de sécurité social. Sous leurs directives, les militants de la CGT, en seulement quelques mois, mettent en place les caisses sur tout le territoire français en 1946.

Or, le nom d’Amboise Croizat a été évincé de l’histoire, et c’est souvent qu’on attribue la paternité du régime général de la sécurité sociale à de Gaulle, qui y était pourtant défavorable. La classe dirigeante vole ainsi l’histoire populaire.

A l’enterrement d’Ambroise Croizat, un million de personnes se déplacèrent pour lui rendre hommage, et si le peuple de Paris était là, c’est qu’eux n’avaient pas oublié le rôle du mouvement ouvrier dans la création d’une institution révolutionnaire.

L’écriture de l’histoire est, elle aussi, objet de lutte de classes.

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Ambroise Croizat

Ambroise Croizat est un homme politique communiste né en 1901. Ce fils d’ouvrier s’engage dans la lutte syndicale à partir de 1920.

En 1936, le Front populaire accède au gouvernement et il est élu député, avant d’être emprisonné en 1939.

Après avoir participé dans la clandestinité  aux réflexions du Comité Français de libération national dirigé par le général de Gaulle, il exerce les fonctions de ministre du travail de 1945 à 1974. Dans ce cadre, il fonde la sécurité sociale, et participe à d’importantes innovations dans le domaine de la protection sociale dont nous bénéficions encore aujourd’hui, avant de mourir en 1951.

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La sécu c’est vital

C’est grâce à ses acquis et à des droits garantis que même en pleine crise économique et sociale, elle évite à des milliers de salariés et de familles de plonger dans la misère et la pauvreté!

D’ores et déjà, des plans d’économies de plusieurs milliards d’euros sont annoncés dans la santé, à l’hôpital, pour la politique du médicament, la famille, la retraite, la gestion de la Sécurité sociale. Des milliers d’emplois sont menacés dans ces secteurs professionnels et l’avenir même de la Sécurité sociale est menacé, au profit d’assurances privées.

La CGT appelle tous les salariés avec leurs syndicats et associations, à se mobiliser pour reconquérir une sécurité sociale de haut niveau répondant aux besoins d’aujourd’hui !

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Le réalisateur

Gilles PERRET est né en 1968 à Mieussy, un village de Haute-Savoie où il réside. Après des études d’ingénieur en électronique, il décide de s’orienter vers le cinéma.

Depuis 1998, il a réalisé 12 films, ancrés pour la plupart dans la réalité de ce pays qui est le sien, les Alpes, et diffusés par plusieurs chaînes de télévision : Arte, France 3, La chaîne Parlementaire, la télévision Suisse Romande, etc.

A s’attarder chez ses voisins de vallée, il aborde la réalité du monde politique, économique et social. Partir du local pour rencontrer le global. C’est ce regard singulier qui a fait le succès de ses derniers films sortis en salle. Avec « La sociale », son cinquième film sorti dans les salles de cinéma, il nous raconte l’histoire de la Sécurité Social d’où elle vient, ce qu’elle est devenue et ce qu’elle pourrait devenir. Une histoire peu ou pas racontée jusqu’à ce jour même si elle nous concerne tous ? L’histoire d’une lutte qui n’est jamais finie. 

À Dieppe

le Mardi 13 décembre à 20h30 

Dieppe Scène Nationale 

Projection débat en présence de Gilles PERRET réalisateur , Jacky MAUSSION Président de l’ IHS Cgt 76, Mathias DUPUIS UL Cgt Dieppe, et Roland Charlionnet des amis de l’ Humanité

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