Action sociale: inquiétude sur les finances de l’OPAD

Les salariés de l’OPAD sont inquiets : alors qu’ils étaient toujours payés rubis sur l’ongle le 25 du mois, ils n’avaient toujours pas été payés le 30 septembre 2014. Ils sont venus voir la CGT qui a fait une alerte.

Cela ne nous étonne pas : les associations sont menacées par les coupes budgétaires de l’État, à cause du pacte de responsabilité, qui devrait amputer les budgets des collectivités locales de 29 milliards d’ici 2017. Première concernée : l’action sociale et sanitaire, qui est pourtant au cœur de la solidarité nationale et de la lutte contre les inégalités.

Nous connaissions la situation de l’ADMR en Seine-Maritime qui a déjà licencié 219 salariés pour motif économiques pour l’ensemble de l’année 2014.

Le développement local ou l’action sociale sont financés à plus de 60% par les subventions publiques. Leur part descend à un tiers ou un quart pour la défense des droits ou le sport. Les petites et moyennes associations (moins de dix salariés) seraient les plus touchées, n’étant pas en capacité de répondre aux appels d’offres qui se généralisent.

Globalement, un emploi sur six serait menacé au sein des associations, qui comptent 1,8 million de salariés. Une destruction sans précédent du tissu associatif !

Ce sont plus de 265 000 salariés dans l’action sociale ou culturelle, la santé, l’éducation populaire, les services à la personne, la protection de l’environnement ou la solidarité qui seraient sur la sellette. Près de 15 % des emplois du secteur associatif – 1,8 million de salariés à temps plein ou partiel (auxquels s’ajoutent plus des 16 millions de bénévoles actifs) – pourraient ainsi disparaître d’ici trois ans. Ceci s’apparente à un énorme plan social invisible sur tout le territoire.

Ces données sont la face cachée du « pacte de responsabilité » qui devait prétendument créer 500 000 emplois selon le gouvernement, grâce aux cadeaux aux entreprises. Au risque également de profondément déstabiliser les finances de la Sécurité sociale.

L’an dernier l’Union locale a dû défendre deux salariées du Comité régional des pêches maritimes et de l’élevage marin (association), qui étaient chargés de la surveillance de la qualité du poisson. Elles avaient été licenciées pour motif économique. En fait c’était à la suite d’une restructuration liée à une concentration de plusieurs associations. C’est un phénomène national, puisque, sous prétexte d’améliorer l’efficacité, des injonctions à la concentration des associations se multiplient ; la conséquence en est la pression sur l’emploi.

Les associations, variables d’ajustement

L’objectif gouvernemental est de faire 50 milliards d’économies, en exigeant des « efforts » (restrictions) comparables sur les différents budgets de l’action publique. Or, 49 % du budget global des associations (évalué à 85 milliards d’euros) repose sur des financements publics. Elles vont être fortement touchées par la baisse de la dotation globale de fonctionnement aux collectivités qui, avec un budget de plus en plus contraint, vont réduire les subventions.

La moitié des emplois menacés se situerait dans l’action sociale. Les subventions se font plus difficiles à obtenir et l’efficacité des actions menées ne satisfait pas toujours les organismes subventionneurs. Cela s’est vu l’an dernier dans l’affaire du Foyer Duquesne, qui s’était vu reprocher d’être budgétivore.

La réduction des financements des collectivités, ajoutée à la baisse progressive des financements publics de l’État ces dernières années, commence à se faire sentir sur le terrain. Et les restrictions budgétaires ne font que commencer. Les conséquences des coupes budgétaires pourraient fortement varier en fonction des activités. La part des financements publics est en effet très différente d’un secteur à l’autre.

Le quinquennat de François Hollande comptera-t-il à son bilan la destruction du tissu associatif ?

Entre plan de rigueur et projet de réforme territoriale, 25 000 emplois dans le milieu associatif pourraient être supprimés en 2014, 65 000 en 2015, près de 80 000 en 2016 et 95 000 en 2017 !

Alors le « Pacte de Responsabilité » créateur ou destructeur d’emplois ?

Si nous à la CGT, nous avons compris depuis longtemps que les emplois promis n’étaient qu’un mensonge grossier pour offrir des cadeaux à la finance au même titre que le CICE, il est temps maintenant de demander aux responsables sociaux signataires de cette loi antisociale de faire machine arrière et d’en demander le retrait immédiat.

Tous, le 16 octobre, au rassemblement proposé par la CGT, 10H30 place Louis-Vitet, à Dieppe

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