Alerte à la sécurité électrique à France Telecom.

Une succession d’alertes pour danger grave et imminent a été déclenchée par les élus CGT au CHS-CT de l’Unité Technique de France Telecom en Haute-Normandie. Ceux-ci ont découvert plusieurs manquements graves à la sécurité dans les centraux téléphoniques et les gros bâtiments de l’entreprise.

Des  travaux de structure ont été réalisés dans de nombreux bâtiments en 2009. Il s’avère que des malfaçons lourdes, avec des manquements aux normes élémentaires de sécurité, ont été faites : le neutre des transformateurs n’était pas raccordé à la terre, ce qui empêchait les disjoncteurs de fonctionner depuis cette époque. La sécurité électrique des salariés n’était pas assurée.

Depuis la première alerte en janvier 2011, émise par les élus CGT sur le site de St Valéry-en-Caux, puis la seconde émise de nouveau par des élus CGT sur le site de Montivilliers le 12 septembre dernier, des malfaçons du même type ont été découvertes à Canteleu, Elbeuf et Darnetal. Les sites ont été consignés pour protéger les travailleurs, jusqu’à leur remise aux normes. 

Une série de question est à élucider : Comment se fait-il que des entreprises d'électricité sous-traitantes, en arrivent à ne pas effectuer des câblages aussi élémentaires, dont on apprend le principe de base dans les premières semaines de formation de CAP d’électricité ? Comment se fait-il que ce type de malfaçons ait pu passer au travers des contrôles réalisés lors de la réception des travaux, puis lors des contrôles effectués par des organismes de contrôle agréés ?

L’affaire est dans la mesure où il y a eu un accident du travail dans l’un de ces sites pendant l’été : un travailleur a été électrisé dans un répartiteur. Il pourrait y avoir un lien avec la malfaçon. L'enquête est en cours.

Pour la CGT, à l’origine de ce bug dans le système il y a la politique de la direction qui a supprimé des dizaines de milliers d’emplois depuis la privatisation de France Telecom en 1997, et qui a détruit son organisation interne de contrôle et de sécurité pour appliquer les dogmes libéraux de rentabilité.

Ces graves dysfonctionnements posent aussi en grand la question de la crédibilité des normes de type ISO 9002, dont les entreprises d’électricité sous-traitantes se prévalent pour soumissionner aux marchés d’électricité, ainsi que la question de la formation, des qualifications, et des conditions d’emploi de leurs travailleurs.

Pour la CGT, c’est tout un système qui est à repenser pour que les travailleurs retrouvent des conditions de sécurité dignes du 21e siècle.

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