AREVA NC: La Hague La justice interdit l’externalisation

 

Communiqué de la fédération CGT des Mines et de l’Energie à la suite de l’arrêt du Tribunal de Grande instance de Paris, statuant sur le dossier de l’externalisation de fonctions stratégiques pour la sécurité nucléaire.

 

Il aura fallu plus d’un an de lutte, une lutte de tous les instants, pied à pied, aux côtés des salariés, pour obtenir satisfaction.

 

La décision du TGI de Paris, du 5 juillet, d’annuler la décision d’externalisation des activités de DI/PE (Réseau des utilités eau, électricité, vapeur etc...Système nerveux du site), et d’interdire la poursuite de sa mise en œuvre, assortie d’une astreinte de 200 000 euros par infraction constatée marque un coup d’arrêt à un projet devenu emblématique d’une politique de sous-traitance effrénée.

 

Il constitue une remise en cause sans précédent de la dérive, en matière d’externalisation constatée depuis quelques années dans le nucléaire. Pour AREVA cette fois-ci, pour d’autres peut-être ensuite. En effet, au-delà du seul site de la Hague, cette décision doit toucher l’ensemble de l’industrie nucléaire ; elle illustre la prise de conscience que le nucléaire n’est pas une industrie banale, que les politiques d’externalisation, la notion de cœur de métier, ainsi que les modes de management qui s’y sont développés, ne relèvent pas de la seule « souveraineté » des Directions d’entreprises mais ont vocation à être exposées au regard critique des citoyens.
Cette décision est aussi l’illustration que, en matière d’organisation du travail dans l’entreprise, rien n’est écrit d’avance et que la lutte syndicale paie.

 

La partie n’était pourtant pas facile. Si Fukushima a contribué à une prise de conscience que les facteurs organisationnels et humains étaient un élément central de la sûreté nucléaire, la victoire obtenue par les salariés du site de La Hague, soutenus par les organisations syndicales CGT et FO, est avant tout le résultat d’une lutte exemplaire, menée avec détermination ; une lutte qui a su porter le dossier à l’extérieur des grilles du site, sur la base d’éléments qui ont su entraîner l’adhésion.

 

En la matière, les organisations syndicales qui avaient décidé de ne pas baisser les bras, malgré les obstacles, ont montré qu’au-delà de leurs préoccupations sur l’emploi et les conditions de travail, qu’elles se souciaient également de l’impact de leurs activités sur le public. C’est le signe d’une grande maturité.

 

En réussissant à se faire entendre d’acteurs extérieurs à l’entreprise (CLI ; élus locaux ; associations…), les organisations syndicales ont montré que le contrôle citoyen avait toute sa place dans le dossier du nucléaire, que défense des intérêts des salariés et préoccupations du public n’étaient pas antinomiques et pouvaient contribuer à l’amélioration de la mise en œuvre de l’industrie nucléaire.

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