Arrêt définitif du service Minitel, et Service Public Internet

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France Telecom orange annonce que le service du Minitel s'arrêtera définitivement le 30 juin 2012. Elle annonce que la plupart des services qui continuront à être disponibles sur Internet ou par téléphone, et renvoie vers les éditeurs de ces services pour, le cas échéant, indiquer aux utilisateurs comment en bénéficier dorénavant.

Ancêtre d'Internet le Minitel était un terminal destiné aux premières connexion numériques au service Télétel. Il avait été développé par le Ministère des Postes et Télécommunications et utilisé en France, essentiellement dans les années 1980 et 1990, avant d'être supplanté par l'accès à Internet.

Il avait comme particularité d'être un terminal délivré gratuitement à tous les utilisateurs de téléphone. Du fait de sa gratuité, et même si le trafic générait des profits substantiels à sa grande époque, cela n'intéressait pas les opérateurs de télécommunications. En conséquence le Minitel n'a jamais été modernisé, et on lui a préféré Internet dont le déploiement avait la particularité de transférer les coût sur l'utilisateur (achat d'un terminal, achats de logiciels, abonnement spécifique à l'ADSL ou à la Fibre Optique, etc.), et de générer des ressources publicitaires.

Pourtant en février 2009, selon le Groupe France Télécom, le réseau du Minitel enregistrait encore 10 millions de connexions mensuelles dont 1 million sur le 3611 (annuaire électronique) et qu'il générait encore 200 000 euros de chiffre d'affaires en 2010.

Pourquoi France Telecom ferme-t-il son service Minitel? Pour les mêmes raisons qu'il n'accroit pas le débit de l'ADSL partout sur le territoire national. Le Minitel, comme Internet, ne fait pas partie du "Paquet télécom", c'est à dire qu'il ne fait pas partie du Service universel, à la différence du téléphone RTC (réseau téphonique commuté) et des cabines téléphoniques.

Cela confirme bien que les télécoms ne sont plus aujourd'hui un Service Public, et que la communication n'est plus un droit.

Car France Telecom n'a aujourd'hui qu'une seume obligation: répondre au cahier des charges du Service Universel du téléphone au renouvellement duquel il a été le seul parmi tous les opérateurs à soumissionner. Pourtant le service du téléphones est un service absolument indispensable au fonctionnement de la société.

Pour la CGT, la communication doit redevenir un droit et être inscrite dans la Constitution. Et ce droit ne pourra être matérialisé que par la reconstruction d'un grand service public de la communication, avec obligation, en corollaire au principe de continuité du Service Public, de se moderniser en permanence.

Et, dans cette perspective, Internet haut débit remplaçant progressivement le réseau téléphonique traditionnel, par le biais des Box, pour assurer le service du téléphone, la CGT considère qu'Internet haut débit devrait intégrer le service universel des télécommunications, ce qui obligerait l'opérateur chargé du Service Universel, à une montée en débit de la boucle locale qui se soit pas conditionnée à l'obtention de financements des collectivités territoriales.

Qu’Internet haut débit ne soit pas un Service public fait qu’il n’y a aujourd'hui aucune obligation à donner un droit égal d’accès à tous à ce service, qu’il n’y a aucune obligation à monter le réseau en débit, ni évidemment aucune obligation à une égalité tarifaire.

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