Autoroutes : Jackpot pour les actionnaires

Le journal de TF1 notait le 2 septembre 2014 que le prix de l’essence est 20 centimes plus élevé sur les autoroutes que dans le reste des stations-services, et que le prix de tous les produits vendus dans les stations services, de l’eau minérale aux sandwiches, est aussi bien supérieur au prix des supermarchés.

Ce qui est dommage, c’est que le reportage n’ait pas fait le parallèle avec les profits extravagants réalisés par les entreprises qui ont les concessions autoroutières; mais n'oublions pas que TF1 est une chaîne privée,... au service de ses actionnaires, les mêmes... que ceux des sociétés d'autoroutes.

Vinci, par exemple, réalise 13,9% de son chiffre d’affaire avec les concessions et 58,8% de son résultat opérationnel. En clair, les concessions affichent une rentabilité 9,4 fois supérieure à celle des contrats de construction classique, dont il n’a jamais semblé qu’ils étaient mal payés par l’État ou les collectivités territoriales. Et que penser des tunnels et autres parkings ?

De plus, cette année, grâce au CICE versé généreusement par le gouvernement aux entreprises, l’acompte sur les dividendes versées aux actionnaires de Vinci double quasiment par rapport à l’année 2013 (1€ en 2014, dont 0,45€ « à titre exceptionnel ; contre 0,55€ en 2013).

Une défaite pour la collectivité nationale

Premièrement, l’État s’est privée de la manne des péages, en privatisant, d’abord partiellement sous Jospin (2002), puis totalement sous Chirac (2006), à des conditions trop favorables aux financiers acheteurs les concessions des autoroutes.

En conséquence la collectivité nationale y a perdu triplement ; en plus d’être obligés de compenser les pertes de revenus de l’État par les impôts et les taxes, les usagers paient des prix encore plus élevés qu’avant dans les stations services et aux péages, et l’emploi s’est effondré dans le secteur autoroutier. En recoupant les différents bilans de ces sociétés, on peut, en effet, évaluer la perte d’emploi à plus de 2000 postes équivalents temps plein entre 2001 et 2011. Des suppressions qui ont porté essentiellement sur les péages et les services associés, pour un gain de masse salariale approximativement évalué à 600 millions d’euros. La majeure partie de ces emplois a été perdue par la société mère (ASF), conséquence de sa politique d’automatisation massive des péages engagée dès 2004.

Le service public des routes doit rester public.

Au moment où l'on annonce la privatisation de nouveaux kilomètres d'autoroutes (l'autoroute A75 qui relie Clermont-Ferrand au Sud de la France) dans le cadre du prétendu "Plan de Relance Autoroutier", — l’État veut se séparer de 20 tronçons en France  au profit des sociétés autoroutières privées !!! —, ce bilan désastreux devrait faire réfléchir !

Cet exemple, qui est un exemple parmi d’autres, montre combien il est totalement aberrant de privatiser, car cela revient à accorder des rentes fabuleusement juteuses à des spéculateurs, au détriment de l’ensemble des Français.

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