Baisse du taux du Livret A: Le gouvernement continue à mettre à mal l’épargne populaire pour le profit des banquiers

Livret-A.jpgL'an dernier, à la même époque, le gouvernement avait  réduit le taux de rémunération du Livret A à 1,25 %, taux déjà historiquement bas. Aujourd'hui il continue dans le même sens en réduisant de nouveau sa rémunération, pour la porter à 1%.

Certes, c'est moins bas que ce que préconisait le gouverneur de la Banque de France (0,75%). Et il est vrai que, à 1 %, le taux servi demeure supérieur à l'augmentation en rythme annuel de l'indice des prix hors tabac, tombé à 0,3 % en juin.

Il faut cependant souligner que pour les ménages populaires, la hausse des prix des produits alimentaires, tabac, énergie, etc. est beaucoup plus forte que le taux moyen de la hausse des prix à la consommation. Ce qui veut dire que pour les épargnants populaires la baisse du taux du livret A va accentuer la baisse du pouvoir d’achat de leur épargne.

On nous dit que Les particuliers déposeraient en moyenne de 4 063 euros sur le livret A. Mais ce chiffre cache de grandes disparités

D'un coté, dans 45% des livrets A, soit environ 30 millions de livrets, il n'y a que 150€ en moyenne.En effet, le livret sert pratiquement de compte courant pour les ménages les plus modestes. Il sert pour des petits dépots, et pour retirer de petites sommes d'argent. 

De l'autre coté, 12% des livrets ont au moins 15300 € en dépot. Ces 12% concentrent 58% des sommes collectées par le livret A. Le risque est d'autant plus grand de voir se détourner ces épargnants, vers des placements spéculatifs qui ont conduit à la crise. Rappelons que les plafonds du livret A ont été relevés il y a quelques années. Aujourd'hui un couple avec un enfant mineur peut avoir 3 livrets, et donc mettre de coté  jusqu'à 68580€, ce qui n'est pas donné à n'importe qui.

Le risque existe que, au lieu de favoriser une reprise du secteur de la construction, frappé de marasme du fait, notamment, du refus de relancer le logement social, la baisse du taux du livret « A » suscite, de la part des détenteurs les plus aisés, leur report vers les actions et obligations

Car le livret A sert à collecter l'épargne, via la Caisse des dépôts (CDC), vers la construction des logements sociaux.

De même que le taux de rémunération du Livret A est historiquement au plus bas, la construction de logement social est au plus bas elle aussi, ce qui contribue à la crise et au chomage dans le secteur du bâtiment. 

La faible inflation, qui justifie la baisse du taux, exprime surtout l'anémie de l'activité économique due au chômage et à la précarité, aux salaires et traitements insuffisants, et à la politique d'austérité aggravée un peu plus chaque année .

Nombre d'observateurs parlent désormais d'un risque de déflation, le pire mal que puisse connaître l’économie. Le vrai enjeu serait donc d’inciter les banques à augmenter les crédits en faveur de l’emploi et de l’investissement productif générateur de valeur ajoutée, ainsi que dans la construction de logements.

Retour à l'accueil