Cher logement !

Le saviez-vous ? Au tournant de la 2e guerre mondiale, les loyers pesaient moins que le budget consacré au tabac. On parle là d'une époque on ne peut plus révolue, malgré la hausse actuelle des tabacs !

Alors quer les prix de l'immobilier ont repris leur escalade, le décalage avec l'évolution des revenus des ménages ne cese de se creuser. Tous les signaux sont actuellement au rouge; Locataires et propriétaires confondus, les dépenses liées au logement ont encore bondien 2010 (+ 4,2% sur l'année), représentant 21,7% d'un ménage en moyenne. Louers, remboursement d'un emprunt immobilier,charges de copropriété, énergie...

Loin  de se résorber, le déficit de logements se creuse d'années en années, La chutte de la construction depuis 2008 a encore amplifié l'insuffisance chronique de logements.

C'est un fait, la France ne construit pas suffisamment de logements neufs: 356 000 sortent de terre chaque année, alors que selon la Fondation Abbé-Pierre il faudrait construire "500 000 logements par an pendant cinq ans, dont 150 000 vraiment sociaux" pour sortir de la crise. On en est loin.

Associations et syndicats ( relayés aujourd'hui par des mouvements comme "Urgence un toit" - pointent la faillite des politiques publiques dans le domaine du logement. Le président de la République, fort de vouloir "une France de propriétaires" a fait semblant de privilégier depuis 4 ans les interventions en faveur de l'accession à la propriété, à l'aide de gadget sans lendemain comme la maison à 100 000 €. Mais avec la baisse du pouvoir d'achat l'horizon pour devenir propriétaire est devenu innaccessible. L"engagement" a fait pschitt....Ménages modestes, couches moyennes, jeunes notamment, ont de plus en plus de mal à devenir propriétaires. Les contrats précaires qui se multiplient sont l'obstacle majeur, et le recul de l'âge de la retraite, à 62 ans et plus pour les plus âgé, risque d'empêcher l'accès à des CDI pour les jeunes. La réalité c'est qu aujourd'hui on ne peut plus construire à moins de 150 000 €, terrain compris, et encore à ce prix là c'est un tout petit "sa-m-suffit", plus petit qu'un logement HLM. Mais à ce prix là il faut habiter de 20 à 30 km de Dieppe ! Evidemment, à ce prix là, pas question de construire BBC !

Crise du logement: ça ne va pas s'arranger ! Avec la crise économique et le pilotage "à la petite semaine" de l'Etat, l'heure est à la réduction de la dépense publique. Pourtant, 670 millions d'euros auront été engloutis en 2011 par des dispositifs fiscaux de soutien à l'investissement locatif privé de type Périsol, Scellier et Robien (130 millions de plus qu'en 2010). Une gabegie !

De plus, le logement social ne coûte à l'Etat que 36 000€ par logement, alors que la dépense pour un Scellier peut atteindre 75 000€. On pourrait multiplier par deux le nombre de logements construits chaque année, si l'on inversait la donne ! Mais c'est bien un choix de classe, qui contribue à ce que l'écart entre les riches et les pauvres s'accroissent dans notre pays ! 

La CGT revendique pour le logement social :

  • que l'on produise 20 000 logements locatifs vraiment sociaux par an, pendant 5 ans !
  • que l'on supprime les plafonds de ressources pour permettre l'accès des classes moyennes aux logement HLM,
  • que l'on supprime le surloyer qui est un frein à la mixité sociale.
  • que l'on crée un "bouclier social" pour que les ménages ne dépensent pas plus de 25% de leur revenu au logement,
  • que l'on contrôle l'utilisation des aides fiscales accordées aux propriétaires privés pour les orienter vers la production de logements conventionnés à loyers modérés.

La CGT revendique pour l'accession sociale à la propriété:

  • que l'on mette en place, pour les primo-accédants, une garantie des risques à l'accession (couverture du risque de chômage et de diminution des ressources),
  • que l'on mette en place des mesures anti-spéculatives.
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