Crise boursière: l'urgence d'un pôle public bancaire

A l'origine de la situation actuelle, il y a les choix faits au milieu des années 80 de rompre avec les choix faits à la Libération et de privatiser le secteur bancaire (et les autres)

Rappelons les quatre arguments (plus un) avancés pour emporter la décision de privatisation:

  • => Le premier visait à faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'État en période de vaches maigres. Cela est revenu à « vendre les bijoux de famille » et à creuser la dette.
  • => Le seconde argument était que: seul un statut de société anonyme permettrait de nouer les alliances prétendument nécessaires à l'évolution du secteur. La conséquence en a été des concentrations bancaires, la spéculation, et la création de gros groupes pesant plus lourdement face aux  gouvernements.
  • => Le troisième argument était de permettre à la banque de développer sa propre stratégie, indépendamment de son actionnaire public. On a vu ce que cela a donné au fil du temps avec les crises et les krachs à répétition que cela a généré, les actionnaires (dont le premier, l’État) n’ayant qu’un seul but : prélever le maximum de valeur sur les fruits du travail.
  • => le quatrième argument (rarement avoué) était de remettre en cause les acquis et le statut du personnel. Les acquis des salariés des banques se réduisent aujourd'hui comme peau de chagrin.
  • => Et il y avait surtout une cinquième raison (toujours cachée): affaiblir les marges d’intervention des gouvernements futurs, de manière à affaiblir l’État en cas d’alternance politique, surtout en cas d'arrivée d'un gouvernement décidé à réorienter ses missions vers la satisfaction des besoins du pays. Il s'agissait donc d’affaiblir la démocratie, en confiant aux puissants capitalistes des banques le pouvoir de faire la pluie et le beau temps.

Le dogme libéral selon lequel ce ne serait pas à l’État de gérer l’économie, a donc conduit les gouvernements successifs à privatiser massivement les banques et assurances à partir du milieu des années 80 du 20e siècle.

  • => La 1ère vague de 1986-88 : parmi les 14 entreprises privatisées, la moitié sont des banques.  Paribas, Sogénal, Banque du BTP, BIMP, CCF, Société Générale et Suez. Cette dernière opération se déroule en même temps qu’un Krach boursier en octobre 1987.
  • => La 2e étape, 1991-97 : la BNP, le Crédit Local de France, la BFCE.
  • => La continuation après 1997 : Crédit Lyonnais, le Crédit Local de France  (19/11/1991), la BNP (octobre 1993), les AGF (mai 1996), la Banque Hervet (1995), la Société marseillaise de crédit (1995), le CIC (avril 1998).
  • => la privatisation de la Poste, et de ses Chèques Postaux, en 2010, termine le cycle des privatisations.

Conséquences?

Avant les privatisations, la France pouvait emprunter directement à 0% à son réseau bancaire nationalisé.

Depuis les premières privatisations, la France a payé 1200 milliards d'euros d'intérêts, à comparer avec les 1641 milliards de la dette publique.

Aujourd'hui les banques privées obtiennent de l'argent auprès de la Banque Centrale Européenne (BCE) à un taux de 1,5%, qu'elles reprêtent ensuite aux Etats. A la Grèce, compte tenu de sa notation désasteuses par les agences de notation privées, les taux vont de 3 à 18%.

En 2008, pour, soit disant, sortir de la crise, la France a garanti les banques pour 320 milliards d'euros, et a aidé à leur recapitalisation, en leur empruntant pour 40 milliards d'euros. Son endettement s'est donc accru, tout en leur servant des intérêts ! En janvier 2009, l'État a ajouté 10,5 milliards d'aides aux banques.

On le voit bien aujourd'hui: tout ce processus ne sert à rien d'autre qu'à aspirer toujours plus d'argent vers la finance, et à réduire le pouvoir d'achat des salariés.

 

Pour la CGT il faut revenir aux fondamentaux.

" Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait doit devenir la propriété de la collectivité", dit le préambule de la constitution: il faut y revenir !

Il faut reconstruire un Pôle public bancaire, qui sorte les banques de la logique de spéculation et de prédation des fonds publics, à l'opposé de ce qui se passe aujourd'hui !

Le redressement ne passera pas par le recul des droits sociaux mais par une réappropriation publique des moyens de financement et leur orientation sur les investissements productifs, le développement des qualifications et leur juste rémunération.

 

Pour sourire un peu dans ce monde de brutes:

 

 

 

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