Crise capitaliste : Vous allez payer par vos impôts (dont la TVA sociale) la liquidation de la faillite de Dexia

lu sur le site de la CGT FAPT

A la demande urgente du gouvernement les conseils d'administration extraordinaires de Dexia et de La Poste française ont donné leur accord de principe vendredi pour la reprise de Dexma, société de crédit foncier spécialisée dans le financement du secteur public local français. Les administrateurs salariés CGT ont voté contre.

Ils ont décidé, à la demande urgente du gouvernement, que l'Etat français et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) vont prendre chacun une participation de 31,7% dans le capital de Dexma, équivalente à celle que conservera Dexia Crédit Local (DCL) alors que la Banque postale, filiale bancaire du groupe La Poste, prendra le solde, soit près de 5%.

Pour les élus CGT au Conseil d'Administation de la Poste, ce nouveau montage,  ne vise qu’à restaurer la confiance des marchés financiers en faisant payer une partie de la facture des dérives financières aux personnels, aux contribuables, aux consommateurs, et aux collectivités locales.

Par rapport au schéma présenté au CA du 05 octobre dernier, la prise de participation de l’État à hauteur de 31,67% du capital du véhicule de refinancement, représente une nationalisation déguisée des pertes que devra supporter le contribuable (et le consommateur, par l'augmentation de la TVA dite "sociale").

Sur le plan financier, DEXMA a été valorisé à 380 millions d’euros, par qui ? Ce montant jugé déjà trop élevé va avoir pour conséquence d’en faire payer le prix cher à l’État et à La Caisse des Dépôts et Consignations, et donc une fois de plus au contribuable et le consommateur.

La participation de 5% de la Banque Postale dans DEXMA avec tous les dangers que représentent les 10 milliards d’encours de prêts toxiques pour l’avenir du Groupe est confirmée. D’autre part, se pose également la question de la transition des 31.67% de DEXIA Crédit Local vers la Banque Postale au fur et à mesure de l’extinction des prêts de DCL et du développement des prêts de la Banque Postale d’ici 2020.

Même s’il est indéniable que les collectivités locales ont besoin de financement pour leurs investissements, comment leur promettre celui-ci alors que 2 à 3 milliards d’euros seraient disponibles pour un besoin moyen annuel de près de 20 milliards d’euros ? Cela ne peut passer en tous cas par une proposition au travers des fonds d’épargne.

Pour la CGT, cette situation aurait pu être une chance historique de créer un pôle financier public qui regrouperait l’ensemble des institutions financières ayant de par leur statut une mission d’intérêt général, dans le respect des spécificités de chaque établissement et du statut de leur personnel.

Pour l’essentiel, ce pôle pourrait être composé avec La Poste, de la Caisse des Dépôts et des filiales de la Banque de France, de la Banque de Développement des PME, de l’Agence française de développement et le groupe Caisses d’épargne dans son ensemble incluant le crédit foncier.

Avec pour objectif de sortir le secteur financier de l’ornière que constitue la recherche du plus grand taux de profit immédiat, pour le mettre dans son ensemble au service du renforcement des services publics, du développement économique, de l’emploi et du développement des territoires. En quelque sorte, sortir de la spéculation et revenir à une gestion des finances "en bon père de famille".

Voilà des propositions concrètes qui ont été formulées par les élus CGT, précises, efficaces et d’actualité, mais en totale opposition avec les propositions précipitées de la direction et du gouvernement, et les gesticulations de campagne électorale.

pdf-distTélécharger la déclaration des administrateurs CGT de la Poste

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