Crise : les revenus moyens des grands patrons français ont augmenté de 21 % en 2010 !  

En pleine période d'austérité, une étude du cabinet d'analyse financière AlphaValue, reprise par le quotidien La Tribune et le Figaro, la rémunération moyenne des patrons européens a grimpé de 17 % en 2010 par rapport à 2009, celle des français augmentant de 21%

L'organisme a étudié les informations publiées par 460 sociétés cotées dans 17 pays européens, dont 93 entreprises françaises. L'automobile est ainsi l'activité où les salaires des patrons ont le plus progressé avec une hausse de 225 % de leur rémunération. Dans le secteur minier c’est un bond de 156 % des revenus.

Mais la moyenne de rémunération des banquiers est supérieure de 40 % à celle des dirigeants des autres secteurs, soit environ 669.665 euros par an. Les patrons français touchent en moyenne de 2 millions d'euros annuelles. Les membres des conseils d'administration touchent environ 61.000 euros par an.

Cette étude sur les plus hauts revenus confirme bien le creusement du fossé entre les huit millions de familles vivant en dessous du seuil de pauvreté (moins de 954 euros mensuels) et les 1% de la population les plus riches, dont les revenus, en hausse, ne connaissent pas la crise, pointé dans d’autres études.

Mais elle confirme surtout le décrochage des 99% de la population par rapport à ces 1% les plus riches dont les revenus explosent. Car les revenus moyens et moyens supérieurs ont tendance à stagner voire à régresser.

En 20 ans, la part des salaires dans le produit intérieur brut de la France a baissé de 10%, soit près de 200 milliards d’Euros actuels. Cela veut dire que la masse des salaires s’est compressée de diverses manières. D’une manière générale les salaires n’ont pas suivi la hausse des prix. Les allègements de cotisations patronales sur les bas salaires , ont tiré l’ensemble des salaires vers le bas. (Les cotisations patronales sont appelées par ruse « charges sociales ») Par ailleurs le chômage est resté à un niveau très élevé pendant cette période. Il s’accroît fortement ces derniers mois.

Pendant ces années, les grosses entreprises ont supprimé des centaines de milliers d’emplois dans le cadre de restructurations ou de fermetures pures et simples d’unités de production, et de délocalisations. L’Etat a contribué à ce bilan catastrophique en supprimant des centaines de milliers d’emplois de fonctionnaires, en les remplaçant pour une part par des contractuels et des précaires, ou en développant la sous-traitance.

En regardant l’état de la société d’aujourd’hui on mesure les dégâts du déséquilibre dans le partage des richesses que grand patronat et les gouvernements successifs ont provoqués : Chômage endémique, précarité généralisée, mal vie, délinquance et trafics divers, mais aussi casse des services publics, pénurie de médecins, déshérence dans l’aménagement du territoire, etc.

Pour la CGT, ces 99% de la population sont victimes des politiques salariales patronales et gouvernementales. Ils sont plongés dans la crise quelque soit leur niveau de revenu. Leur préoccupation première c'est l'emploi et le pouvoir d’achat.

Les 99% de la populations aspirent à une vie et un avenir serein, ce qui se traduit syndicalement par la revendication de l’emploi stable, qualifié et correctement rémunéré, sur la base d’échelles salariales construites sur la reconnaissance des qualifications. Pour la CGT le minimum, pour un emploi sans qualification, devrait être un SMIC à 1700 euros bruts.

Ces 200 milliards d’euros qui ont été extorqués aux salariés, qui représentent la majeure partie des 99%, permettraient de combler le déficit budgétaire, répondre aux besoins sociaux urgent, relancer l’investissement productif. Ces sommes sont à mettre en parallèle avec les 170 Milliards de trésorerie des entreprises du CAC 40, et les 210 Milliards de dividendes versée en 2010 par les sociétés non financières, les mêmes sociétés qui faisaient grimper les rémunérations de leurs grands patrons de 21%.

L’argent existe donc. Point n’est besoin de le prendre une deuxième fois dans les poches des 99% de la population, alors qu’il leur a déjà été extorqués. Oui, il faut une autre répartition des richesses.

Nous sommes les 99% ! Nous pouvons l'imposer aux 1% !

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