De nombreuses écoles en éducation prioritaire sacrifiées !

ecole-en-danger3Inscrite dans la loi dite de « Refondation de l’Ecole », la réduction des inégalités sociales et territoriales devait être l’une des priorités du gouvernement. Mais une nouvelle fois l’ambition affichée ne tiendra pas ses promesses, et la déclinaison dans les académies est douloureuse.

La Recteur de l’Académie de Rouen a dévoilé, vendredi 14 novembre matin, lors d’un groupe de travail, la déclinaison académique de la nouvelle carte d’éducation prioritaire des collèges REP et REP+ pour la rentrée prochaine. Neuf collèges sortent de l’Éducation Prioritaire pour seulement trois nouveaux collèges qui y entrent ! C’est la perte sèche pour notre académie de cinq réseaux sur les 51 qu’elle comptait jusqu’à présent, soit une baisse de 12% !

Voir la liste de la proposition de la nouvelle carte d’éducation prioritaire à l’issue du groupe de travail.

La CGT Educ’action 76 est intervenue pour dénoncer fermement la sortie des huit collèges de l’Éducation Prioritaire.

Dans la plupart de ces collèges, la situation ne s’est pas améliorée. D’ailleurs, en Haute-Normandie, comme ailleurs, le taux de chômage progresse et personne ne peut dire que la situation des familles et par conséquent des élèves soit plus aisée aujourd’hui qu’il y a 5 ans ! L’aggravation des difficultés économiques et sociales exige des moyens supplémentaires et la réforme de l’éducation prioritaire que l’on nous propose ne fait que gérer la pénurie organisée par la politique d’austérité du gouvernement.

De plus, les secteurs ruraux de notre département restent exclus de la nouvelle carte. En cause, les critères qui définissent les priorités, notamment celui du taux de boursiers ! Ainsi si la CGT Educ’action acte positivement l’entrée des 3 collèges, elle est intervenue pour demander la prise en compte de la grande difficulté économique et sociale dans certains secteurs ruraux fortement touchés par le chômage comme à Blangy sur Bresle, Aumale, Gruchet le Valasse...

La Recteur a rappelé la contrainte du ministère qui limite à 45 REP et REP+ pour notre académie et a précisé l’effort de la nation faite à l’Éducation Prioritaire de 352 millions d’euros. Elle évoque la possibilité d’un troisième groupe « Rural Isolé » !

La CGT Educ’action 76 a rappelé qu’elle n’avait pas à tenir compte de cette contrainte et a rappelé que s’il y avait effort, celui-ci ne représentait qu’à peine 1% des 50 milliards de cadeaux faits au patronat. A qui donc le gouvernement consent-il un réel effort ? Concernant le troisième groupe, la question se pose si c’est de l’éducation prioritaire ou non ?!

Les critères retenus :

La Recteur a expliqué que le ministère s’était basé sur 4 indicateurs :

  • > Catégorie Socio-professionnelle défavorisée (CSP)
  • > Nombre d’élèves résidant en « zone sensible »
  • > Taux de boursiers
  • > Nombre d’élèves avec 1 an ou plus de retard à l’entrée en sixième.

Mais à y regarder de plus près, le mode de calcul des indicateurs est beaucoup plus opaque que cela y parait.

Ainsi pour deux établissements qui ont un Taux de CSP défavorisé identique, l’indicateur n’est pas forcément le même. De même l’indicateur des boursiers est délicat, car toutes les familles ne font pas forcément de dossier de bourses. C’est d’ailleurs généralement le cas en secteur rural, mais pas seulement. Celui du retard à l’entrée en sixième est sujet à caution, car cela dépend beaucoup des circonscriptions, des écoles, des choix pédagogiques... et surtout de l’obligation faite depuis quelques années aux collègues du primaire de ne pas faire redoubler les élèves, sauf éventuellement pour élève susceptible d’aller en SEGPA (et encore !)

Pour la CGT Educ’action, les critères ne sont pas transparents et ne permettent pas de tenir compte de la réalité du terrain.

La situation des écoles :

Concernant les écoles qui dépendent d’un collège qui sortirait de l’Éducation Prioritaire, les DASEN de Seine-Maritime et de l’Eure ont précisé que ces écoles n’avaient pas vocation à former un réseau à elles seules. En clair, si le collège sort de l’Éducation Prioritaire, les écoles aussi !!! Tout en précisant aussitôt que la prime ZEP est maintenue durant 3 ans et qu’une « attention particulière » serait faite lors des opérations carte scolaire ! Le DASEN de l’Eure osant annoncé « qu’il est possible d’inventer de nouveaux moyens sans pour autant être en Éducation Prioritaire », juste avant de se rétracter et préciser « de nouvelles méthodes » car en disant moyens il prenait le risque de laisser entendre moyens budgétaires ! Tout est dit ! Il n’y aura pratiquement rien !

Rappelons qu’en 6 ans, l’éducation prioritaire dans les écoles de Seine-Maritime a été fortement touchée par les mesures de carte scolaire.

Certaines écoles ont subi deux, trois voire quatre fermetures de classes successives. Les RASED, principalement implantés en éducation prioritaire, ont été aussi fortement réduits. Ainsi, depuis 2009, bilan de rentrée après bilan de rentrée, l’écart entre le taux d’encadrement des écoles élémentaires ZEP et hors ZEP s’est fortement réduit passant d’un écart de 2,45 élèves en 2009 (22.74 élèves par classe hors ZEP et 20.29 en ZEP) à 0.75 en 2014 (22.70 hors ZEP et 21.95 en ZEP) !

Pour la CGT Educ’action, la sortie des écoles de ZEP est dramatique, car les écoles sont dans des quartiers très défavorisés.

Certaines écoles qui relèvent de ZEP, il n’est toujours pas proposé d’y entrer. La CGT Educ’action avec l’ensemble des autres organisations syndicales a obtenu un groupe de travail sur les écoles en décembre.

Mais d’ici là, la CGT Educ’action appelle l’ensemble des enseignants à informer les familles et à s’organiser pour préparer les nécessaires mobilisations pour le maintien, l’amélioration, et l’extension des dispositifs — y compris les lycées — alors que les difficultés économiques et sociales touchent toujours plus de familles.

Tous ensemble nous serons plus forts pour imposer une révision de la carte de l’éducation prioritaire.

Du 27 novembre au 4 décembre, donnez plus de force à la CGT : votez CGT !

Loin d’être un ministère prioritaire, l’Education nationale est frappée de plein fouet par les politiques d’austérité de Hollande-Valls qui ne font que prolonger les politiques destructrices des gouvernements Chirac et Sarkozy. Lers mesures annoncées vendredi le confirment !

La décennie écoulée a vu la multiplication et l’accélération des contre-réformes : loi Fillon qui a institué le socle commun, réforme Darcos puis Hamon-Peillon des rythmes scolaires, généralisation du Bac pro 3 ans, réforme du lycée et de la voie technologique …

Toutes ces contre-réformes ont eu des conséquences nuisibles et destructrices pour tous les personnels :

  • > blocage des salaires et mise en place du « mérite » dans les promotions ou les rémunérations,
  • > remise en cause des garanties statutaires,
  • > destruction massive de postes,
  • > dégradation des conditions de travail,
  • > explosion de la précarité,
  • > accentuation de la flexibilité,
  • > etc.…

Tous nos acquis sont remis en cause, tous nos droits sont menacés.

Au collège, au lycée, à l’université, dans les services, tous les salariés de l’éducation sont victimes des effets dévastateurs de la réduction des moyens et des « réformes » de structures destructrices (réforme Chatel du lycée, loi LRU, fusion d’universités…). De plus, les cadeaux au patronat avec notamment le « pacte de responsabilité » et les « économies » dans les budgets vont avoir un impact important sur l’Éducation nationale.

Depuis toujours, la CGT Educ’action dénonce et combat cette politique d'austérité. C’est par une lutte massive et déterminée, par une lutte tous ensemble, que nous pouvons lui donner un coup d’arrêt et que nous pouvons gagner sur nos revendications.

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