Délai de carence dans le public comme dans le privé: Un nouveau recul social sous prétexte du déficit

Encore une fois, sous prétexte de la résorption de la dette et des déficits, le gouvernement entend faire payer aux salariés le prix de la crise.

Accusés d’être trop malades, ils subiraient de nouveau une régression de leurs droits en matière de protection sociale avec l’allongement de trois à quatre jours du délai de carence des arrêts maladie dans le secteur privé, et la création d’un délai de carence pour les fonctionnaires.

Alors qu’on estime à environ deux tiers le nombre de travailleurs du secteur privé exonérés de ce dispositif par le biais d’accords ou de conventions (dans lesquels, fort légitimement, les patrons cotisent significativement), une telle mesure serait un réel recul pour tous. Les patrons du privé, qui sont dans ce cas, vont-ils compenser la 4e journée de carence, en augmentant leur contribution ? Cela va être l'enjeu d'une bataille dans leurs entreprises, qui risquent de s'appuyer sur le sort fait aux fonctionnaires pour ne pas le faire cette fois-ci.

Mais ce sont les salariés des petites et moyennes entreprises, qui, d'une manière générale, ne compensent déjà pas 3 jours de carence, qui vont subir de plein fouet cette aggravation. La mesure est inique, scandaleuse et profondément antisociale. 

Quant aux fonctionnaires, la CGT Fonction publique estime que " la coupe est plus que pleine après :

  • - Le gel des salaires pour 2011 et 2012 synonyme de dégradation sans précédent des rémunérations ;

  • - Les suppressions massives d’emplois synonymes d’aggravation des conditions de travail et d’altération de la qualité du service public rendu ;

  • - La hausse des cotisations retraites synonyme d’amputation aggravée du pouvoir d’achat ;

  • - La RGPP synonyme de bradage des missions publiques, la coupe déborde largement !"

La CGT Fonction publique rappelle "qu’une augmentation de 3 % de la valeur du point rapporterait environ 300 millions d’euros de cotisations salariales à l’assurance maladie et participerait à la relance d’une croissance pérenne. Rappelons également les carences patronales : 25 milliards d’€ d’exonérations de cotisations sociales, fraudes sur les accidents du travail, dettes…etc."

Bernard Thibault, le secrétaire de la CGT, a lancé un avertissement au gouvernement, alors que Nicolas Sarkozy se préparait à annoncer ces mesures d'austérité dans le budget de la sécurité sociale. Il faut "une riposte à ce que le gouvernement décide aujourd'hui et est susceptible de décider demain", a-t-il insisté.

La CGT a décidé de mener une campagne contre le plan d'austérité du gouvernement:

  • - avec la publication d'un journal grand public publié à plusieurs millions d'exemplaires sur les conséquences des différentes mesures gouvernementales.
  • - l'organisation d'un grand meeting national en janvier sur le thème de la retraite,
  • - et d'ici là des initiatives multiples et diversifiées dans les entreprises, les localités, les branches, etc.

Vous voulez vous inscrire dès à présent dans cette campagne ? Rapprochez-vous des syndicats CGT, et de  votre Union locale CGT. Renforcez la CGT ! Syndiquez-vous !

L'UL de Dieppe a décidé de son coté de réunir rapidement sa Commission exécutive pour prendre les mesures qui s'imposent !

Vendredi 18 novembre, lors de la réunion syndicale qui doit se tenir avec les autres organisations syndicales, Bernard Thibault va proposer aux autres centrales "une riposte qui soit unitaire" pour "une journée de mobilisation interprofessionnelle qui, d'après nous, devrait se situer au plus tard, dans la première quinzaine de décembre".

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