SNCF: Des pannes en séries entrainent des retards de trains réguliers

Dimanche 16 novembre 2014, la panne d’une locomotive dans l’Eure, a une nouvelle fois allongé la durée du trajet des passagers de la ligne Paris-Saint-Lazare-Le Havre de plusieurs heures (ici de l’Intercités n° 13121, a été arrêté à trois kilomètres de Vernon).

Leur train s’est arrêté vers 20 heures, en pleine voie, dans le sens Paris-Rouen. « La panne est identifiée. Nous devons faire venir une machine de secours afin de conduire la rame en gare de Vernon », expliquait, peu après 21 heures, la direction de la SNCF. À Vernon, les passagers ont été transbordés bien plus tard dans une autre rame, qui a poursuivi sa route vers Rouen.

La gestion libérale de l'entreprise publique, marquée notamment par des économies sur l'entretien des machines et sur les effectifs continue de produire ses effets.

Les retards sont réguliers. Autrefois (il y a seulement 5 ans !), arrivées à un kilométrage conséquent, les locomotives étaient systématiquement désossées, et des pièces systématiquement remplacées pour qu'elles ne se cassent pas dans les centaines de milliers de kilomètres suivants. Au sortir de l'atelier les machines étaient comme neuves. Aujourd'hui on ne change plus systématiquement ces pièces — qui, évidemment, se cassent bientôt, mais tout le monde sait qu'elles vont le faire ! — et l'on supprime massivement des emplois de mécaniciens et d'électriciens dans les ateliers des Quatre-Marre à Sotteville-lès-Rouen. Mais il parait que ce serait plus rentable... car l'objectif premier de la SNCF n'est plus de transporter des usagers, mais d'augmenter ses profits, pour verser de plus gros dividendes à son actionnaire: Bercy !

En 2014 on ne peut donc plus être assuré d'arriver à l'heure à destination, d'autant que les consignes de la Région Haute-Normandie aux TER sont ne plus attendre les trains en retard, et, donc, ne plus assurer coûte que coûte les correspondances (ce qui, bien évidemment, en rajoute !).

(Exemple: un retard sur le 16h50 à Saint-Lazare ne permet plus de prendre le 18h25 pour Dieppe à Rouen; résultat, au lieu d'arriver à 19h27 à Dieppe, vous êtes bons pour arriver à 20h13; voilà de quoi dégoûter d'habiter Dieppe et de travailler à Paris !

Autre exemple: un retard sur le 18h30 à Saint-Lazare ne permet plus de prendre le 20h07 pour Dieppe à Rouen; résultat, au lieu d'arriver à 20h58 à Dieppe, vous êtes bons pour arriver à 22h14;)

S'ajoutent à cela les trains programmés, mais qui ne partent pas de la gare Saint-Lazare, toujours à cause des machines, et qui sont donc tout simplement annulés, provoquant la surcharge du trains suivants qui partent bondés, réminissence de l'immédiat après guerre 39-45 (le voyage debout ! ou assis dans les toilettes !); Oui, voyager debout est désormais l'habitude sur la ligne Paris-Le Havre ! Évidemment il y a aussi que les impondérables comme les suicides réguliers de désespérés qui sautent des ponts à l'arrivée des trains, marque de la dégradation de la société en ce début du 21e siècle.

Au delà de la recherche du profit maximum, c'est bien d'un sabotage très organisé dont il s'agit, qui vise à justifier l'accentuation de la dérive libérale, et l'entrée de la concurrence sur les lignes. Mais on  le voit bien: une panne de locomotive, publique ou privée, produira les mêmes effets: Retards ! Retards ! Retards ! Car sur une ligne de chemin de fer on ne peut pas "doubler" (mais comprendre cela c'est trop pour les Énarques et les Banqsters qui nous pilotent !) Et, bien évidemment: le mécontentement s'accroit !  

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