DEXIA, GROUPAMA-ICADE, VEOLIA-TRANSDEV .. ça suffit !!!

Exerçons le pouvoir de dire NON … aux injonctions des marchés relayées par l’Elysée et Matignon !!!

Lu sur le site de La CGT Logement

3 décisions ou annonces très récentes affectant les ressources, la stratégie ou le périmètre du groupe Caisse des dépôts illustrent la dérive « libérale » de cette institution tout autant que la perte de son autonomie, vis-à-vis du pouvoir exécutif, qui met gravement en danger l’exercice de ses missions d’utilité publique et sociale.

1) Lors du dernier congrès des maires, le premier ministre a annoncé « unilatéralement » qu’il portait de 3 à 5 milliards d’euros, l’enveloppe mise à disposition des collectivités locales par la CDC pour le financement de leurs besoins d’investissement immédiats. Ce qu’il ne dit pas : c’est que cette enveloppe est ponctionnée sur la part des fonds d’épargne (Livret A, LDD ) centralisée par la Caisse des dépôts qui doit notamment en assurer « l’inviolabilité » .. y compris et surtout vis-à-vis de l’appétit des gouvernements.

La CGT dit NON, car cette ponction supplémentaire, qui s’ajoute à bien d’autres dont par exemple 1,5 milliards pour soutenir les PME, vient encore diminuer les ressources nécessaires au financement du logement social (missions premières) et des infrastructures d’intérêt général. S’il est bien entendu légitime et urgent de répondre aux besoins financiers des collectivités locales, cette enveloppe doit être ponctionnée sur la part d’épargne populaire conservée sans contrepartie par les banques privées depuis 2009 (35 % de l’encours LA+LDD , soit plus de 100 milliards d’euros). Ce serait bien la moindre des choses alors que ce sont ces mêmes banques qui sont les principales responsables des difficultés de financement rencontrées par les collectivités locales et établissements hospitaliers.

2) Plusieurs articles de presse font état depuis ce week-end d’un projet de reprise de la « foncière » cotée de GROUPAMA, la SILIC, par ICADE, filiale immobilière du groupe CDC et d’apport de capital de la CDC à une autre filiale de Groupama, pour la coquette somme globale de 1,3 Milliards d’euros. Cette nouvelle opération de « sauvetage » aurait été concoctée ce week-end entre le secrétaire général de l’Elysée, Xavier MUSCA (dont on dit qu’il aspire à devenir le nouveau directeur général de la CDC au printemps), le nouveau DG de GROUPAMA, Thierry MARTEL et Antoine de Gosset-Grainville, DG adjoint de la CDC mais aussi ancien directeur adjoint de Cabinet de F.FILLON.

La CGT dit NON ! Nous sommes totalement opposés à cette opération couteusequi renforce encore plus la dérive d’ICADE vers le profil d’une « foncière de bureau » pure au détriment de ses missions d’origine de « logeur et aménageur  d’intérêt général » et de ses emplois : en effet, dans le même temps, la direction d’ICADE a annoncé sa volonté de céder ses activités de services (Icade résidence service et Icade security) et les centaines d’emplois qui vont avec. Par ailleurs, chacun constate qu’ICADE peine à absorber le coût du rachat de la compagnie « La Lucette » et que ses résultats récents s’effondrent, une fois redistribuées à ses actionnaires les plus values liées à la vente en 2009 et 2010, de « ses bijoux de famille » : soit le parc de 30 000 logements à vocation sociale qu’ICADE avait hérité de la SCIC. Enfin, nous ne sommes pas dupes des contours « politiques » de cette opération qui, si elle se réalisait, ferait d’ICADE, un acteur foncier majeur dans l’aménagement du « Grand Paris », auquel est tant attaché le Président de la République.

3) Ce matin même (6 décembre 2011), la presse a dévoilé le projet de « sortie » de Veolia, du groupe Veolia- Transdev, moins d’un an après sa constitution ! La CGT avait dénoncé en son temps dans plusieurs communiqués l’inanité et l’absurdité de ce projet de fusion-absorption de Transdev (réseau semi-public de transport en commun du groupe CDC) avec la branche transport du groupe privé VEOLIA. Mais là encore : cette fusion a été directement « arbitrée » par l’Elysée (plus exactement Claude GUEANT, à l ‘époque secrétaire général de la Présidence) sur l’incitation d’Henri PROGLIO, qui était encore alors président de VEOLIA.

La CGT dit NON à cette nouvelle étape qui pourrait conduire à la prise de contrôle par un fonds d’investissement de 50 % du premier réseau de transport public urbain en France. Dans la droite de ligne de l’évolution réclamée par de nombreux élus de grandes villes, nous exigeons la renationalisation de TRANSDEV et la reconstitution d’une structure d’économie mixte dédiée à la gestion, l’exploitation et l’assistance au développement du transport en commun urbain et interurbain.

Pour être exhaustif dans la liste récente des interventions de l’Elysée ou de Matignon, il faudrait bien évidement citer : le renflouement puis le démantèlement de DEXIA (au moins 3 milliards de pertes sèches pour la CDC) ; la création puis la réorientation des mission du FSI, filiale « sur le papier » de la Caisse des dépôts mais dont les décisions majeures sont directement dictées par le Président de la République (cf son dernier discours du 3 ème anniversaire) ; l’entrée au capital de La POSTE …

LA CGT dit NON ! ça suffit. A l’heure où l’utilité de ses missions n’est plus à démontrer, la Caisse des dépôts doit retrouver son autonomie pleine et entière vis-à-vis du pouvoir exécutif … autonomie normalement garantie par la tutelle du Parlement sous l’autorité duquel la CDC est placée.

Afin de réaffirmer et garantir davantage cette autonomie notamment dans la période pré-électorale qui approche, nous revendiquons la prolongation du mandat de l’actuel Directeur général jusqu’à l’élection législative de juin 2012, ainsi que la mise en oeuvre dès cette élection d’une réforme de la gouvernance de cette institution financière publique permettant de renforcer le contrôle des citoyens et des forces sociales sur les missions et ressources de la CDC.

Paris, le 6 décembre 2011.

Contact. JP GASPAROTTO : 06 07 94 11 20

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