Dramatiser la dette pour durcir l’austérité ?

 

Excellente analyse de la situation à lire sur le tract de la Filpac CGT (7 jours Filpac CGT)

A lire ci-dessous le recto de ce tract (au verso du tract les propositions de la Filpac CGT)(Fédération du livre et du papier carton de la CGT).

 

Les idéologues libéraux possèdent l’art consommé des fausses évidences.

Exemples ?

  • « Il n’y a pas d’alternative à la politique libérale »,(Faux)
  • « les agences de notation représentent la vérité des prix »,(Faux)
  • « on vit plus vieux donc il faut travailler plus longtemps »,(Faux)
  • « faire la guerre en Afghanistan c’est défendre l’Occident chrétien », (Débile) etc.

Cet été, les propagandistes libéraux en émettent une autre :

  • « Mâame Michu, vous savez bien, les dettes, faut les rembourser, sinon ce seront vos enfants qui les paieront ! »(Faux)

Et de présenter la dette à toutes les Madame Michu du pays, que nous sommes à leurs yeux. Sauf que cette dette, ils oublient de dire, soigneusement, de quoi elle est faite, qui l’a contractée, et au nom de quoi ce serait à nous de payer. C’est pour ça que la campagne idéologique de la dette dramatise à souhait la situation.

 

La dette, parce qu’on vit au dessus de nos moyens ? Escroquerie !


La dette explose-t-elle du fait des dépenses publiques ?

 

C’est l’inverse de la réalité !

  • - Les dépenses publiques régressent, comme le montre l’étude du Centre d’analyse stratégique,
    attaché au 1er ministre (juin 2009, tableau de bord des dépenses publiques de l’Union européenne et de ses Etats membres). Un transfert de charges s’est opéré de l’administration centrale vers les collectivités territoriales (routes, hôpitaux, RMI…) mais pas le transfert total des recettes de l’Etat. D’où la charge supplémentaire. Mais globalement, l’Etat dépense moins.
  •  - Donc les dépenses publiques ne sont pas assimilables à ce père alcoolique, qui dilapiderait l’argent de la famille au bar du coin.
  • - Pour nos chers libéraux (UMP dont cette fumeuse « droite populaire », Front national et consort), les dépenses qui ne baissent pas assez vite sont bien inscrites au budget de l’Etat ! Mais ce sont les dépenses sociales (la Sécurité du même nom…), dont les recettes sont affectées par un chômage et une précarité de masse, entretenus… par les mêmes !

La dette, d’où vient-elle ? 

  • - De la dérégulation sur le crédit et la banque, opérée par l’Etat et l’Union européenne. Depuis la loi de 1973 (Giscard d’Estaing) au traité fondateur de l’Union européenne (Maastricht 1), les mesures ont été prises pour contraindre les Etats à emprunter sur les marchés financiers à leurs taux.
  • - La Banque centrale européenne a été créée comme organisme indépendant des Etats de l’Union, et agit comme une banque de l’euro, pas comme un organisme financier fédératif
  • Dans le même temps, les dirigeants d’entreprise, depuis des années, ont reçu des milliards de cadeaux fiscaux qui allègent leurs impôts, sur les bénéfices et sur les activités.
    - Et l’évasion des capitaux a pris le chemin des paradis fiscaux voisins, comme Monaco, le Liechtenstein ou le Luxembourg, sans oublier la Suisse.
  • - L’Union européenne est le terrain d’un véritable dumping fiscal, où les directions d’entreprises choisissent le moins disant.

Qui fait des dettes ?

  • - L’Etat, et ses confrères européens, soutient en permanence les banques. Par milliards au moment de la crise des subprimes. Par milliards pour soutenir leurs spéculations sur la dette des Etats.
  • - L’Etat, dans le même temps qu’il allège les impôts des plus riches (voir la réforme de l’Impôt sur la fortune - ISF), doit quand même soutenir l’économie réelle au bord de l’asphyxie, dans le cadre d’un déficit organisé en recettes et d’unsoutien sans compter au système financier.
  • - Les banques, elles, à la fois organismes de crédit, spéculateurs et agents de placement, ont plus de moyens de paiement et de pouvoir sur le crédit que les Etats. Elles ont imposé aux Etats de leur emprunter au taux qu’elles veulent, dirigées en cela par les agences de notation à leur service.
  • - Plus le taux est haut, plus le déficit se creuse, plus la spéculation fait rage sur la dette nationale. C’est ce qui affecte le Portugal, la Grèce, l’Italie, l’Espagne… et la France.

La dette donc l’austérité renforcée ?

  • - Puisque cette dette n’est pas la nôtre, il faut des trésors d’imagination et des campagnes idéologiques comme celle qui fait rage en ce moment pour nous convaincre de la payer.
  • - Au lieu de taxer les banques et les grands groupes, le pouvoir leur emprunte en les exonérant de toute contrepartie et d’impôts. Total, comme Danone par exemple, ne paie pas d’impôts du tout !
  • - A nous les coupes mortelles dans le budget de la sécurité sociale Santé (comme la sortie des antidépresseurs du remboursement à 100%), la hausse des impôts, et le spectre d’une TVA sociale sur fond de baisse des salaires directs.

Des solutions existent donc: il faut faire autre chose.


Lire la suite (et les propositions) sur le tract de la Filpac CGT

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