Du retour d’expériences de Flamanville au futur chantier EPR de Penly : L’Etat doit reprendre la main

Les derniers avatars du chantiers EPR de Flamanville  révèlent de sérieuses dérives, une enquête préliminaire par le parquet de Cherbourg  pour travail dissimulé touchant le groupe Bouygues à ouvert une brèche. Non déclarations d’accidents du travail  (en 2010, 1 accident sur 4 n’a pas été déclaré selon l’ASN ) pressions exercées sur les salariés étrangers, retours précipités au pays, répression syndicale…  

 

Les dernières révélations  concernant les salariés Polonais employés par Atlanco, prestataire spécialisé dans le recrutement de main d’œuvre dans les pays de l’est, jette un éclairage sur les pratiques en vigueur entre grands donneurs d’ordres et prestataires.

 

Des fiches de payes battant pavillon chypriote,  des contrats de travail rédigés en anglais illustrent cette situation avec des organisations juridiques opaques et complexes pour dissimuler  le règne du moins disant social et détourner le droit du travail. Des pratiques qui   placent   les salariés des grands chantiers  et leurs familles en grande difficulté.

 

C’est aussi la question du marché du travail européen où la religion de la concurrence libre et non faussée favorise l’émergence de sociétés aux pratiques  peu scrupuleuses  et  sur lesquelles aucun  contrôle sérieux n’est exercé. Des sociétés sollicitées par les donneurs d’ordres pour organiser  le recrutement de salariés étrangers sur les grands chantiers européens. Le maître d’ouvrage et les pouvoirs publics ont  laissé les mains  libres à Bouygues  pour recruter à sa guise dans les pays d’Europe de l’Est alors que le secteur de la construction en France  perd des emplois.

 

Pour être socialement exemplaire, il faudra renforcer la maîtrise publique  dans toutes les phases du chantier.

 

Dans l’approche du chantier de Penly, l’Etat et  la puissance publique doivent  reprendre la  main pour fixer des obligations à  d’EDF et aux groupes qui seront choisis avec  des objectifs dans les domaines de la formation, du recrutement. La mobilisation par l’Etat de tous  les acteurs et  nécessaires impulser des actions de recrutement et de  formation  avec des objectifs ambitieux et suivi.  Il faut redonner à Pôle emploi  les moyens d’une politique de recrutement des actions sont nécessaires dans les quartiers, les lycées professionnels, les CFA,  en lien avec les besoins des entreprises. Aujourd’hui, ce n’est plus d’études, de rapports de cabinets de conseils divers et variés dont nous avons besoins, mais d’actes concrets.  Il faut ouvrir des antennes et des bureaux d’embauches mettre en place les formations à des métiers identifiés. Le temps presse.  

 

C’est tout aussi indispensable dans le domaine de l’application des normes et règles sociales dans le contrôle des entreprises en matière de droit du travail, sur les salaires et cotisations sociales, le temps de travail, les droits et libertés  syndicales,  sur le respect des normes d’hygiène et de  sécurité en vigueur dans notre pays applicables à tout salarié. Il faut par exemple faire évoluer la loi en vigueur sur les chantiers nucléaire et autoriser la présence des services de la DIRECCTE (inspection du travail ) sur le futur chantier EPR de Penly.


S’agissant du statut grand chantier EPR, décidé par l’état Français, il est légitime que les retombées locales et  régionales en matières d’emplois, de formations, de qualifications,  en  matière d’infrastructures, de services publics bénéficient à celles et ceux qui acceptent la présence d’unité de production nucléaire sur leur territoire, elles devront aussi intégrer les salariés déplacés qui travaillerons sur ce chantier et vivrons ici.

 

Pour maitriser un tel chantier et le suivi de l’ensemble de son déroulement, l’Etat et la puissance publique  doivent reprendre la main, la nomination d’un coordinateur  grand chantier nommé par l’Etat est indispensable.

 

Engager une négociation pour un accord social grand chantier !

 

Autre enseignement  à tirer du chantier de Flamanville, l’approche sociale. Avant même le démarrage du chantier, il est indispensable de négocier un accord social grand chantier fixant les règles et les droits sur les conditions de vie et de travail  sur le chantier et hors chantier. Les bases de cet accord existent et être amélioré et adapté.  Signé en 1978  entre EDf et les organisations syndicales et professionnelles, cet accord doit être  un  préalable au démarrage du chantier.

 

Le  grand chantier EPR sera une entreprise de longue haleine,  plus de 3 000 salariés, des centaines d’entreprises, de nationalités diverses, des salariés déplacés, pour plusieurs mois ou plusieurs années. La qualité du chantier dépend pour beaucoup de la qualité des conditions de vie et de travail sur le chantier et hors du chantier, de l’intégration des salariés dans le tissu économique social et local. 

 

Ne renouvelons pas les erreurs commises sur  Flamanville. 

 

Il ne suffit pas de nier  la nécessité de la négociations sociales avec les organisations syndicales et encore moins leur présence pour faire disparaitre les dysfonctionnements,  les accidents,  les revendications. Le retour d’expérience de Flamanville, s’il n’est pas édulcoré, pourrait être un atout supplémentaire,  pour lancer le chantier de Penly sur de bonnes bases.

 

La mise en place « d’institutions » représentatives , le respect des  libertés syndicales, sont l’une des conditions du bon déroulement du chantier EPR de Penly. 

 

Ces quelques remarques  font échos  au rapport parlementaire de l’OPECST* sur la sécurité de nos installations nucléaires qui pointe plusieurs recommandations particulièrement bienvenues. Primo,  réduire les niveaux de sous-traitance  ( 8 niveaux )  et secondo  assurer une maitrise publique totale de sorte que la sureté et la sécurité échappe à toute autre considération.  Il est  des similitudes qui ne trompent pas.


Dieppe le 7 Juillet 2011

 

Contact:

 

Jean-François Sobecki 

Coordinateur CGT chantier EPR Penly 06 74 09 64 93 

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