Emploi: Les faillites explosent dans le petit commerce

Les faillites de FagorBrandt, Gad, de Caddie, ou encore Mory Ducros, mobilisent l'attention des médias, les déboires de ces entreprises emblématiques sont l’arbre qui cachent la forêt.

63 101 défaillances d'entreprises en 2013

L'année 2013 a totalisé 63 101 défaillances d'entreprises, en hausse de 3% par rapport à 2012, et a frisé le niveau record de 2009 où 63.700 entreprises avaient mis la clé sous la porte. Le nombre d'emplois détruits par ces faillites d'entreprises a dépassé le niveau de 2009 avec plus de 269.000 emplois détruits.

Cette tendance se poursuit, puis qu'en juin 2014, le nombre de faillites — calculé sur l'année glissante — a encore augmenté de 1,8%. Dans le commerce et la réparation automobile plus de 14.000 entreprises ont mis la clé sous la porte ces douze derniers mois.

Les très petites entreprises (TPE) sont les plus touchées par ce fléau puisque davantage de petites sociétés employant un ou deux salariés ont fait faillite en 2013 par rapport à 2009, et cela continue.

Le commerce de proximité et la restauration dans l'œil du cyclone

Parmi les petites structures, le petit commerce — alimentation générale, activités de bricolage, vêtement et équipements du foyer — a été terrassés en 2013 avec plus de 8500 fermetures de magasins, un niveau jamais enregistré. L’idée d'ouvrir son magasin "pour s’en tirer", lorsqu’on est un salarié menacé de licenciement, et se battre pour obtenir une prime supralégale plutôt que de défendre son emploi, est donc une très mauvaise idée, une illusion, voire un piège fatal !

En 2013 les services à la personne ont également connu une année noire, tout comme la restauration. Avec 5700 dépôts de bilan l'an passé, la restauration traditionnelle paie le plus lourd tribut, et concentre les deux tiers des procédures, même si la restauration rapide a tiré son épingle du jeu.

La tendance de 2013 se confirme en 2014 !

Deux secteurs ont connu une forte hausse des défaillances sur un an (de juin 2013 à juin 2014): l'agriculture et la pêche (+7,3%), et les activités financières et d'assurances (+14,3%). Mais, en masse, les faillites frappent surtout le commerce et la réparation automobile, aiunsi que la construction. 

Les commerces de proximité subissent de plein fouet la panne de la consommation des ménages. Or la consommation est le moteur essentiel de la croissance en France, contribuant pour environ 55% au PIB. Or, les ménages voient baisser du pouvoir d'achat, à cause de la stagnation des salaires, une précarité et un niveau de chômage élevé, les amenant réduire leur consommation.

Baisser les impôts pour les faibles revenus — après, tout de même, l'avoir augmenté l'an dernier, et avoir augmenté la TVA en janvier 2014 — si cela peut donner une légère, toute petite, bouffée d'oxygène aux ménages les plus pauvres, n'aura que peu d'effets sur l'activité économique, car cette clioentèle est déjà perdue pour le petit commerce: elle va prioritairement dans les grandes enseignes low-cost. La baisse du pouvoir d'achat des salaires moyens et supérieurs, le blocage des salaires des fonctionnaires depuis 2010, et l'absence de revalorisation des pensions, vident la clientèle des petits commerces. Ce qu'il faut c'est augmenter les salaires et les pensions ! Tous les salaires !

Comme ne cesse de le dire la CGT, l’austérité est une catastrophe : si l’on veut relancer l’activité économique et l’emploi, il est plus qu'urgent d'augmenter les salaires.

Retour à l'accueil