Enorme manifestation à Lisbonne: 300 000 manifestants à l'appel de la CGTP contre l'austérité

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Alors que la contestation s'est poursuivie samedi en Grèce contre les nouvelles mesures de rigueur pour la seconde journée consécutive, avec plus de 7000 personnes dans les rues à Athènes et Salonique (nord), des dizaines de milliers de personnes venues de tout le Portugal ont manifesté samedi après-midi à Lisbonne contre les mesures d'austérité mises en œuvre par le gouvernement dans le cadre du prétendu plan d'assistance financière européen.

Selon la CGTP, la principale centrale syndicale du pays, qui avait organisé cette journée de mobilisation, ce sont quelque 300.000 personnes qui ont défilé dans la capitale portugaise. 

"Il s'agit de la plus grande manifestation de ces 30 dernières années", a souligné Armenio Alves Carlos, secrétaire général de la CGTP, qui s'est adressé aux manifestants dans un discours à la fin de la manifestation, au cours duquel il a vivement critiqué les mesures du programme de prétendue assistance financière qui entraîne le pays, et surtout ses salariés, vers le gouffre.

En ligne de mire des manifestants, les mesures dites d'austérité proposées par le nouveau gouvernement de droite, avec l'accord du PS qui a mis en œuvre les quatre plans d'austérité précédents, et imposées par la « troïka » BCE/Union européenne/FMI.

La baisse des dépenses publiques et les hausses d'impôts imposées par le plan d'aide financière ont provoqué au Portugal la plus forte récession depuis le retour de la démocratie, en 1974. Le taux de chômage atteint les 13%.

 Le nouveau gouvernement a déjà fait passer fin 2011:

  • => une nouvelle hausse de la TVA,
  • => la suppression des treizièmes et quatorzième mois de salaire pour les fonctionnaires,
  • => la concession de parts de l’État dans diverses entreprises publiques (électricité, caisse des dépôts)
  • => et de nouvelles exonérations de cotisations patronales.

En ce début d'année 2012, il avait fait de l'augmentation du temps de travail d'une demi-heure par jour (soit trois heures par semaine) sa mesure phare.

Confronté à une résistance de plus en plus forte dans les entreprises, matérialisée par la grève massivement suivie du 24 novembre 2011, le patronat a reculé sur cette mesure pour mieux avancer sur son agenda de casse sociale.

Ce plan "est un programme d'agression des travailleurs et de l'intérêt national", a déclaré Armenio Alves Carlos. "L'austérité ne crée pas de richesses. Or, le pays a besoin qu'on lui retire la corde du cou pour pouvoir respirer, vivre et travailler", a-t-il ajouté, plaidant pour une revalorisation du salaire minimum, actuellement de 485 euros brut.

"Le salaire (minimum) net s'élève à 432 euros, or le seuil de pauvreté est de 434 euros, ce qui concerne actuellement au Portugal "quelque 400.000 travailleurs", a-t-il affirmé.

Les manifestants arrivés à Lisbonne en début d'après-midi de tout le pays à bord de cars affrétés pour l'occasion s'étaient d'abord concentrés en divers endroits de la capitale avant de converger vers la place du Commerce, dans le centre historique.

"Non à l'exploitation, non aux inégalités, non à l'appauvrissement" ou encore "une autre politique est possible et nécessaire", pouvait-on lire sur les banderoles déployées par des manifestants qui scandaient : "la lutte continue !" ("A luta continua !").

Le responsable de la CGTP a averti que la vague de contestation se poursuivrait dans les prochaines semaines, annonçant d'ores et déjà l'organisation d'une nouvelle journée de manifestations dans tout le pays le 29 février prochain, dans le cadre de la journée européenne de lutte contre l'austérité lancée par les syndicats affiliés à la CES.

Tous ensemble, sur nos revendications, faisons comme nos amis portugais: Mobilisons nous le 29 février, partout en France et en Europe contre l'austérité !

Déposons nos revendications auprès des directions d'entreprises, et manifestons ensemble !

Non à l'austérité ! Non à la TVA antisociale ! Non aux jours de carence !

A Dieppe, rendez-vous devant la Gare SNCF, à 10h30, le 29 février

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