Indonésie: 1 million de grévistes pour le SMIC à ... 200 €

2014-indonesie.jpgVu de France, l'Indonésie, ce sont les catastrophes naturelles et aériennes qui occupent les écrans à Noël. Mais derrière ce paravent médiatique, il y a la catastrophe humaine cachée d'un pays soumis à un capitalisme mondialisé prédateur, héritier d'une dictature sanglante. Mais les esclaves modernes ne se résignent plus à leur sort.

Il est fini le temps où les patrons indonésiens – souvent sous-traitants ou fournisseurs de multinationales – pouvaient compter sur une main d’œuvre docile, terrorisée et abrutie par les trente honteuses de la dictature sanglante et corrompue de Suharto.

Une grève nationale le 10 décembre 2014

L'Indonésie a connu une fin d'année 2014 agitée, ponctuée par une grève nationale massive le 10 décembre dernier. 1 million de travailleurs ont répondu à l'appel des syndicats KSPI, KSBSI et KSPSI.

A Djakarta, la capitale, 50 000 personnes ont défilé en direction du Palais présidentiel pour exprimer leur colère et leurs revendications, après des manifestations qui avaient déjà rassemblé plusieurs milliers de travailleurs à la fin du mois de novembre.

  • > Ils protestaient contre l’augmentation de 30% du prix de l’essence (soit le litre à 0,55 €) et de l’énergie, dans un pays où 50 % de la population vit avec moins de 2 € par jour.
  • > Ils réclamaient aussi un SMIC à 200€, alors que l'inflation officielle pour l'année 2013 a été de 8 %.
  • > Ils dénonçaient les chiffres de l'Institut de statistique qui considère qu'un Djakartais peut vivre décemment en dépensant 0,5 € par mois d'eau (pour boire, se laver, sans compter la vaisselle !), 3 € de viande pour une consommation de moins de 100 g (!) et 0,10 € pour les loisirs.

Comme le soulignent les syndicats, les dépenses en eau non-potable avoisinent plutôt les 8,5 € par mois – 12 fois le chiffre officiel – car il est nécessaire de la faire bouillir pour la rendre potable, ce qui implique des dépenses en énergie.

Bientôt une Sécurité sociale universelle en Indonésie ?

Du nouveau coté social ? Ainsi, une nouvelle Réforme des retraites devrait être mise en place en juillet 2015, qui devrait accorder à 44 millions de travailleurs le droit à une retraite. Cependant, le flou le plus total existe sur la mise en œuvre concrète de la réforme.

De la même manière, le gouvernement promet une couverture médicale pour tous les Indonésiens. Un système de couverture maladie devait s'appliquer à tous, mais 110 millions d'Indonésiens n'ont encore aucune couverture sociale. Les syndicats demandent la couverture universelle d'ici 2015, mais la presse économique parle de l'horizon 2019.

C'est trop peu et trop lent, dans un pays qui est désormais la 16e puissance mondiale, mais où près de la moitié de la population vit avec moins de 2$ par jour. Mais les luttes qui ne cessent de se développer laissent des perspectives d'espoir pour la classe ouvrière indonésienne.

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