Intempéries : les "Zones blanches" mettent en danger des populations. La responsabilité des Opérateurs et du Gouvernement est engagée

Fibre

Bientôt une image habituelle à Dieppe: des techniciens en train d'installer la Fibre optique

Les intempéries dramatiques de la fin septembre dans le sud de la France ont mis sur le devant de la scène les disparités criantes de l’accès à la communication guidé par le choix de politiques basées uniquement sur la rentabilité.

Pour la CGT, il est urgent d’investir dans les moyens modernes de communication et d’en assurer la maintenance et la fiabilité. Le droit à la communication est un droit fondamental et doit être garanti à tous nos concitoyens sur tout le territoire.

Au moment où Orange se prépare à annoncer le début des travaux de déploiement de la Fibre Optique à Dieppe, en commençant, comme toujours, par les quartiers les plus favorisés (le centre-ville de Dieppe), et en repoussant après 2020 son déploiement dans les zones à bas débit Internet ainsi que et les zones sans ADSL (prétendument "chères au président de l'AGGLO", puisque sa commune est en partie sans ADSL), le non-remplacement des départs massifs en retraite de ses techniciens va mettre le reste de la région dieppoise en situation de zone blanche: c'est à dire dans une situation similaire à celle des départements de Lozère, du Gard, c'est à dire les zones blanches que la CGT FAPT dénonce.

Mais, c'est déjà le cas des zones de Neufchâtel  et de Fécamp qui sont sans techniciens télécoms depuis 7 à 8 ans !

Note: les Plans Radials (plans d'urgence) dont il est fait mention dans le communiqué ci-dessous sont une pratique locale: Orange n'a tellement plus de moyens humains de dépannage que la Normandie est en Plan Radial plus de 50% de l'année. Donc, plutôt que de taper contre les "fonctionnaires", les médias feraient mieux de réclamer des embauches de fonctionnaires, car lorsqu'il y en a moins, il y a moins de service (et l'on est en danger)!

Communiqué de la Fédération CGT-FAPT:

"Suite aux orages d’une intensité exceptionnelle dans la nuit du 17 septembre 2014, de nombreuses personnes dans les départements de l’Hérault et du Gard, l’Ardèche, la Lozère ont tout perdu. Certains ont aussi malheureusement perdu la vie.

Ce nouvel événement dramatique met une nouvelle fois en avant que l’accès au service public de la communication ne sont pas identiques selon que l’on habite une grande ville ou un petit village.

En effet, les habitants de plusieurs communes dans l’Hérault, le Gard, l’Ardèche, la Lozère se sont trouvés isolés du monde durant une nuit de terreur, sans aucune possibilité pour joindre les secours. Depuis la libéralisation du secteur, la logique de la rentabilité l’emporte sur la logique du service public sur tout le territoire. Les opérateurs téléphoniques, plus intéressés par les reversements aux actionnaires, investissent uniquement là où c’est rentable et abandonnent les territoires éloignés des métropoles. Le réseau cuivre existant vieillissant n’est plus entretenu. Il n’y a pas d’investissement sur un nouveau réseau, ni sur les nouvelles technologies.

Ces zones abandonnées où les agents d’Orange n’interviennent plus, sont appelées « zones blanches ».

Il y a surinvestissement sur les lieux et les activités jugés rentables et sous-investissement ailleurs.

Cette nuit du 17 septembre ces zones blanches sont aussi devenues des zones de désespoirs et de deuils.

Depuis 1990, notre organisation syndicale tire la sonnette d’alarme pour dire que le service universel n’est pas un service public. Le service universel c’est un service misérable pour les plus pauvres et ceux qui sont éloignés des grandes métropoles.

Avec les nouvelles lois sur la décentralisation et la réforme territoriale ceci va s’aggraver.

Le fossé entre les droits des « ruraux » et ceux des « urbains », va se creuser. Cette logique infernale va à l’encontre d’un aménagement harmonieux de nos territoires dans le cadre de ce que l’on appelle communément le développement durable.

A chaque tempête, le même constat est fait et plutôt que d’investir sur un réseau fiable sur tout le territoire, la direction de FT/Orange met en place des "plans radials" (d’urgence) permanents servant à « rafistoler » un réseau qu’il est nécessaire de moderniser.

Pour répondre aux besoins de toutes les populations, notre organisation syndicale met en débat la nécessité d’une autre politique passant par une appropriation publique du secteur des activités postales et des télécommunications pour imposer aux opérateurs d’investir dans les moyens modernes de communication et d’en assurer la maintenance et la fiabilité.

Le droit à la communication est un droit fondamental et doit être garanti à tous nos concitoyens sur tout le territoire.

Notre organisation syndicale œuvre pour cela et est totalement solidaire des personnes sinistrées."

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