Internet : la concurrence bloque la montée en débit.

Au moment où l’Éducation nationale invite les élèves à suivre leurs cours sur Internet pendant les intempéries, voici que l’Autorité de la concurrence dit « non » au renforcement des débits Internet.

Le 22 décembre dernier elle s’est, en effet, prononcée contre les projets de l’opérateur historique des télécommunications d’augmenter le débit de plusieurs millions d’abonnés ADSL.

Le projet de France Telecom était de réduire la distance entre l’abonné et son central téléphonique pour augmenter les débits. Pour ce faire elle voulait construire des milliers de nouveaux petits centres de raccordement, plus proches des abonnés.

L’Autorité de régulation l'interdit ! Pour elle, « les projets de montée en débit […] doivent être réservés à des situations exceptionnelles ».

Le prétexte à cette décision est que ces millions de foyers ne pourraient plus bénéficier du tarif de dégroupage, c'est-à-dire de la possibilité de choisir entre plusieurs fournisseurs d’accès Internet, car les concurrents de France Telecom seraient, soit disant, dans l’incapacité d’investir dans ces nouveaux centraux.

Pour masquer l’incohérence de sa décision, l’Autorité « demande aux pouvoirs publics de privilégier le déploiement de réseaux en fibre optique jusque chez l’abonné », ce qui aura pour conséquence de retarder les investissements et surtout de faire payer par l’impôt (donc les impôts locaux) les investissements que les opérateurs se refusent à faire.

De fait, elle interdit à des millions de Français à accéder à la modernité, c'est-à-dire d’être éligibles à des débits supérieurs à 1 Mo ; par exemple d’accéder à un débit de 8 Mo qui permet d’être raccordés à la télévision, ou de télécharger rapidement des films. Aujourd’hui des millions de Français vont rester condamné à se contenter de débits inférieurs à 1 Mo voire moins, par exemple la connexion RTC, 56 Ko.

Ainsi les abonnés des quartiers dieppois du Val Druel, des Bruyères, ou des communes voisines de Rouxmesnil, de Martin Église, Hautot-sur-mer, etc. c'est-à-dire de tout site éloigné à plus de 3kms d’un central actuel, devront se contenter de débits inférieurs à 1 méga octet.

L’Autorité de régulation démontre par l'absurde toute la débilité et l'iniquité du système mis en place à la fin du 20e siècle.

Pour la CGT, cette décision montre les limites d’un système absurde, tout entier tourné vers la satisfaction des spéculateurs et des actionnaires, et en totale contradiction avec les intérêts des usagers. Aujourd’hui, ce type d’organisation du secteur des télécommunications fait reculer la France chaque année un peu plus, par rapport aux pays en pointe en matière de débit.

Point positif, la proposition de France Telecom aurait eu comme conséquence, la création de milliers d'emploi, à la fois dans les usines de productions de matériel (Alcatel, Lucent, etc.), et partout sur le territoire national, là où les travaux de raccordement devaient être engagés (raccordement de la fibre, génie civil, bâtiment, etc.).

Tout montre aujourd'hui que la réponse aux besoins passe, non pas par le renforcement intégriste de la concurrence, mais par la réappropriation publique du secteur des télécommunications.

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