Internet: la concurrence contre le Haut débit !

"Ce qui n'est pas cher est toujours trop cher": proverbe Normand.

En ayant cassé le Service Public des télécoms, et en ayant introduit la concurrence dans ce secteur comme dans beaucoup d'autres, non seulement l'accès au progrès prend du retard, mais cela coûte bien plus cher.

L'Etat a lancé voilà plus d'un an le programme national du très haut débit mais à ce jour, les perspectives qui se dessinent sont contrastées selon que l'on habite en zone dense ou zones peu denses ou rurales.

Si l'on a la chance d'être très urbain, le financement de ce grand chantier ne devrait pas poser de problèmes majeurs. Les opérateurs privés vont là où le marché leur promet rentabilité et bénéfices. Mais Dieppe n'est pas considéré comme très urbain; la ville risque d'être reléguée au dernier rang, pour des investissements en 2025, ou encore plus tard.

Mais comme toujours, la loi du marché diffère de la loi de l'intérêt général et si l'on vit en milieu rural, ou dans les quartiers délaissés, en périphérie des petites villes comme Dieppe (le Val Druel, le Pollet, le Vieux Neuville, Hautot-sur-mer, etc.) il y a fort à parier que la fracture numérique ressurgira pour ce qui concerne l'accès à Internet Très Haut Débit.

Malgré les volontés affichées, l'Etat n'a toujours pas abondé le Fonds d'Aménagement Numérique du Territoire; mais peut-être attend-il une proximité avec les élections présidentielles (campagne présidentielle oblige !) pour le faire ?

En Auvergne, première région 100% Haut Débit d'Europe depuis 2009, le déploiement du Très Haut Débit est en marche. C'est l'une des rares collectivités en France à avoir publié son schéma directeur d'aménagement numérique du territoire en avril 2011. Une expérimentation est menée à Issoire pour raccorder 900 foyers à la fibre optique au domicile, c'est-à-dire au Très Haut Débit.

A Issoire c'est possible grâce à un investissement régional de 500.000 euros. Ce sont donc les impôts locaux qui payent !

Car la question est toujours : qui paie ? Et la question qui suit est: qui profite ?...

Le fond de l'affaire est que les opérateurs concurrents de Télécoms ont l’œil braqué sur leurs profits au bénéfice de leurs actionnaires. La concurrence bloque donc développement et progrès. A vos impôts locaux donc de payer la note.

Il parait que le Service Public des PTT était trop cher: Pour avoir la fibre optique à Dieppe, à St Valéry en Caux, à Cany-Barville, à Arques, à St Nicolas d'Aliermont, à Biville-sur-mer, etc.... payons ?

La CGT se prononce pour une réappropriation publique des télécoms, pour rétablir une péréquation tarifaire sur tout le territoire, et une égalité d'accès au progrès; en quelque sorte, redonner vie au service Public. Car, aujourd'hui, tout montre que ce serait moins cher !

Définitions:

Internet Haut débit: ADSL sur fil de cuivre (ligne téléphonique): 8 à 10Mo/s maxi, à condition d'habiter à moins de 2km du Central Téléphonique; souvent seulement 1Mo/s et moins; il faut au minimum 2 Mo/s pour avoir la Télévision sur ADSL.

Internet Très Haut Débit: Fibre Optique jusque l'Abonné (appelé aussi FTTH): 100 Mo/s partout; plusieurs canaux de télévision simultanés, permettant de bénéficier de la 3D à domicile, téléchargement de films, etc.

Retour à l'accueil