Internet: les naufragés de la rentabilité

 

Nous avons évoqué la situation pitoyable dans laquelle les opérateurs de télécommunication laissent les consommateurs.

 

Le droit à la communication est bafoué dans notre pays, et évidemment dans notre région.

 

Les habitants de Biville-sur mer en font l'amère expérience, malgré les possibilités techniques qui existent d'y acheminer l'ADSL (par la ligne téléphonique).

 

Le Conseil général avait bien proposé un palliatif, avec la Wimax, mais il s'appuyait sur une petite société sans envergure, qui a évidemment fait faillite.

 

Le résultat est qu'il a fallu changer d'opérateur; de nouveau une société qui promet monts et merveilles et qui n'est pas cappable d'honorer ses engagements. A Biville on attend encore la nouvelle antenne, et cela fait 6 mois que ça dure.

 

Qui en subit les conséquences ? L'usager de base, en plus de ne pas avoir le service se voit appliquer des tarifs élevés (70€), soit plus du double du prix pratiqué dans une zone éligble à l'ADSL.

 

Depuis la privatisation de l'opérateur historique, France Telecom, deux phénomènes se produisent:

  • - Les gros opérateurs (Cégétel, Free, France Telecom, etc.) ont choisi de ne pas investir dans les zones à faible retour sur investissement, car le premier qui investit, se voit obligé d'acceper ses concurrents sur son réseau, à des prix cassés. Donc personne ne bouge, sauf si les collectivités (donc les impôts locaux) payent les travaux.
  • - Ces gros opérateurs n'ont plus comme objectif de servir le client, mais de servir leurs actionnaires. Par exemple, France Telecom a décidé de verser 1,4€ par action à ses actionnaires, le premier étant le ministère de finances, à qui il reverse, de ce fait, plusieurs milliards d'euros. 

Le résultat est que des centaines de milliers de ruraux sont laissés dans la panade; pas seulement, car des zones urbaines, en périphéries des villes, si elles bénéficient tout de même de l'ADSL, n'ont le droit qu'à des débits ne dépassant pas 1 Mo, comme le Val Druel à Dieppe, ou le quartier du Vieux Neuville ou de la Cité du Marin.


Biville-sur-mer est située à 6,7 km du central téléphonique de Berneval, ce qui la place hors de portée d'un accès Internet par ADSL.

 

Pourtant des solutions techniques simples et peu honéreuses existent: Il suffirait de passer une fibre optique du central de Berneval jusqu'à un local à Biville. Dans ce local serait installé un DSLAM, sur lequel seraient alors raccordés les abonnés de Biville-sur-Mer, avec l'ADSL. Mais cela, aucun des opérateurs ne veulent envisager l'investissement.

 

Il y a 15 ans, lorsqu'il y avait un opérateur unique des télécoms, cela aurait été possible; mais aujourd'hui c'est fini. 

 

Aujourd'hui non; rentabilité oblige ! Pourtant M. Fillon continue à se féliciter de la privatisation des télécoms, car cette loi (1996) fut l'un de ses premiers "bébés".

 

Et si les consommateurs (et les empéchés de consommation) s'organisaient réellement ?

 

La CGT a créé une association qui s'appelle Indécosa: renforçons là !

 

Lire aussi sur notre site:

Internet : la concurrence bloque la montée en débit. 14/01/10

Wimax, wifi, c'est une arnaque au service public ! 23/06/10

 

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