La retraite à 60 ans c’est possible

Plus de retraités et une espérance de vie qui s’allonge, c’est tant mieux ! La CGT a des idées pour financer nos retraites. Un article de Laurent Mossino publié dans Ensemble, le mensuel au syndiqués CGT d’avril 2010.


C’est bien connu, la population française vieillit sous le double effet du « papy boom » et de l’allongement de l’espérance de vie. On compte aujourd’hui 14 millions de retraités âgés de 60 ans et plus et ils seront environ 22 millions à l’horizon des années 2050. D’autre part, l’espérance de vie à l’âge de 60 ans s’allonge régulièrement, elle est aujourd’hui en moyenne de 87 ans pour les femmes et de 82,2 ans pour les hommes. Il est facile de comprendre que cette nouvelle donne a et aura demain plus encore, des conséquences sur les besoins de financement de nos retraites. L’équation est simple : soit l’on réduit les droits des retraités à moyens constants puisque leur nombre augmente, soit l’on augmente les moyens pour financer des droits à niveau constant.


Les scenarii du COR


Le Conseil d’Orientation des Retraites ( COR ) a étudié les différents scénarii possibles dans son premier rapport publié en 2001.


Premièrement : à moyens financiers et niveau de pensions constants, il fallait reculer progressivement l’âge moyen du départ à la retraite jusqu’à 9 années de plus en 2040, autrement dit travailler jusqu’à l’âge de 70 ans.


Deuxièmement : à moyens financiers et âge de départ à la retraite constants, il fallait réduire le niveau des pensions de 78 % du salaire net d’activité en moyenne en 2000 à 42 % en 2040.


Troisièmement : à droits constants ( niveau de pension et âge de départ en retraite ), il fallait augmenter les besoins de financement à hauteur de 6 points de PIB à l’horizon 2040.


Quelle part des richesses pour financer les retraites ?


Bien évidemment, on peut toujours combiner les trois scénarii entre eux, mais la CGT privilégie clairement le troisième.


Est-il vraiment possible de consacrer une part supplémentaire de la richesse produite au financement de nos retraites ? La question reste d’une brûlante actualité.


Rien n’apparaît impossible quand on sait que les gains de productivité ont permis de doubler en 30 ans la part du PIB consacré au financement des retraites, passant de 5,4% en 1959 à 11,2% en 1990.


Nous sommes clairement confrontés ici à un choix de société. Le niveau des richesses consacré aux retraites stagne depuis la réforme Balladur en 1993, alors que celui consacré aux dividendes a plus que doublé. Il faut choisir entre la rémunération des retraités et celle des actionnaires.


La CGT propose


Le financement des retraites dépend d’abord de la politique d’emploi.

 

Sachant qu’un million d’emplois en plus, c’est cinq milliards d’euros de rentrées de cotisations sociales supplémentaires pour les retraites.

 

Cela veut dire qu'il faut rompre avec une politique qui accompagne, aide, et renforce les déflations d'emplois et les délocalisations d'entreprises = politiques choisies, voulues, et orchestrées par le patronat.


Par ailleurs, la CGT propose:

  • => d’élargir l’assiette des cotisations sociales à l’intéressement, la participation et les stock-options ;
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  • => de mettre à contribution les revenus financiers des entreprises à la même hauteur que les salariés ;
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  • => de moduler les cotisations sociales patronales en fonction des politiques d’emploi ;
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  • => de supprimer le système des exonérations dont bénéficient actuellement les employeurs ( plus de 30 milliards d’euros en 2009 ) ;
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  • => enfin, d’augmenter le niveau des cotisations patronales et salariales si nécessaire. Ces mesures permettraient de financer largement la retraite à 60 ans pour tous, qui, rappelons le, est un droit et non une obligation.

En quelque sorte, il faut un autre partage des richesses dans notre pays

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