La TVA sociale ne passe pas

Lu sur le site de la CGT Logement

L’intervention télévisée du chef de l’État n’y a rien changé : selon un sondage CSA-l’Humanité, 63 % des Français refusent toujours la mesure proposée par Nicolas Sarkozy.

Le rejet s’amplifie dans les milieux populaires.

La prestation de Nicolas Sarkozy, dimanche soir à la télévision, n’y aura rien changé : les Français restent résolument hostiles à la proposition du chef de l’État d’augmenter, au 
1er octobre prochain, le taux de TVA de 19,6 % à 21,2 % en contrepartie d’une baisse des cotisations sociales patronales. Selon un sondage CSA-l’Humanité, réalisé mardi et mercredi, 63 % des personnes interrogées se déclarent toujours opposées à cette TVA dite « sociale », dont 33% "tout à fait 
opposés".

Un chiffre stable par rapport au précédent sondage effectué au début du mois de janvier. Preuve que Nicolas Sarkozy n’a pas su convaincre.

"En revanche, on constate une certaine évolution en fonction des préférences partisanes," souligne Yves-Marie Cann, directeur d’études au département opinion. "Le clivage politique sur le sujet s’est clairement amplifié."

Les sympathisants de gauche font désormais preuve d’une quasi-unanimité pour rejeter le projet présidentiel (à 84 % contre 77 % il y a un mois), tandis que les sympathisants de droite tendent à faire davantage bloc autour de leur probable candidat à la présidentielle : ils sont 63 % à approuver la mesure contre 55 % auparavant.

Mais l’évolution la plus marquante concerne les couches populaires, et notamment les ouvriers.

Il y a un mois, ils étaient 36 % à approuver cette idée de hausse de la TVA. Ils ne sont plus, aujourd’hui, que 19 %. "C’est un véritable décrochage", note Yves-Marie Cann, qui livre deux explications principales à ce phénomène.

Alors que le gouvernement tente de faire croire que la mesure n’aura que des effets limités sur le pouvoir d’achat, les trois quarts des Français (75 %) sont d’un avis contraire. "L’opinion publique, et notamment dans les milieux moins favorisés, anticipe ainsi très clairement une hausse des prix à la consommation", estime Yves-Marie Cann.

Deuxième élément qui explique ce rejet massif : les personnes interrogées perçoivent parfaitement l’injustice fiscale et sociale de cette mesure qui pèsera, selon eux, davantage sur le pouvoir d’achat des personnes peu aisées financièrement plutôt que sur celui des plus riches (69 %). Parallèlement, plus de six interviewés sur dix (62 %) ne croient pas aux affirmations du chef de l’État, pour qui cette mesure permettra à l’industrie française d’être plus compétitive sur les marchés internationaux.

"En résumé", relève Yves-Marie Cann, "les Français perçoivent très bien les effets immédiats et doutent beaucoup des effets à long terme."

Dernier enseignement de cette étude : la stabilité dans les résultats, d’un mois sur l’autre, montre désormais une certaine solidité de l’opinion publique sur le sujet de la « TVA sociale ». "Cela fait un mois que la question est sur l’agenda politique et médiatique," rappelle Yves-Marie Cann. "Les Français ont entendu les arguments pour et contre, ils ont eu le temps de se forger un avis arrêté. Il y a aujourd’hui une cristallisation très forte sur ce sujet. Et quelle que soit la teneur des débats politiques autour de cette question, il est très peu probable que la majorité présidentielle parvienne à faire bouger le rapport de forces."

Convergence d’opinions

Plusieurs enquêtes ont testé l’opinion des Français 
sur la prestation télévisée du chef de l’État. Et à chaque fois, la TVA dite « sociale » reste rejetée par une très large majorité.

OpinionWay a compté pour le Figaro daté de mardi 57 % d’opinions hostiles à compenser par l’impôt une baisse 
des cotisations patronales. Un sondage BVA pour la presse régionale, publié hier, n’a trouvé que 28 % de personnes 
favorables à l’augmentation du taux de TVA de 19,6 à 21,2 %. Parmi eux, seuls 8 % des sympathisants de gauche 
souscrivent à cette mesure.

http://www.humanite.fr/sites/default/files/vignettes/tva_1.jpg

Sondage CSA-L'Humanité sur la TVA "Sociale"

 

Pétition : Ni coupable, ni responsable
Je dénonce les mesures qui visent à faire payer la crise aux salariés, chômeurs et retraités, plus fortement envers les femmes et les jeunes.
Je dénonce les suppressions d’emplois dans le privé et dans le public. Nous ne sommes pas responsables de la crise ! Les salariés n’accepteront pas de payer la crise !
Je soutiens la campagne de la CGT pour le développement de l’industrie et le service public, pour sortir de la crise.
Je soutiens la revendication de la CGT de revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux, pour sortir de la crise.
Je soutiens la proposition de la CGT d’un pôle financier public au service de l’intérêt général.
Je soutiens la proposition de la CGT pour l’âge de départ de la retraite à 60 ans.
Signer la pétition de la CGT [2]

Retour à l'accueil