Le Chômage et les politiques patronales à l'origine de la dégradation des comptes de la Sécu

"La dégradation historique des comptes de la sécurité sociale en 2009 et 2010 s’explique fondamentalement par la chute elle-même historique de la masse salariale, essentiellement due à l’explosion du chômage conséquence de la crise. La dégradation observée en 2009 est la plus importante jamais observée depuis la création de la Sécurité Sociale en 1945." a déclaré la Cgt à la commission des comptes de la Sécurité sociale le 9 juin 2010

 

"Le redressement des comptes sociaux ne passera pas par des mesures d’austérité comme celles qu’annonce au jour le jour le gouvernement. Mesures qui ne pourront conduire qu’à une chute de la consommation et une nouvelle montée du chômage mais par des mesures ambitieuses visant à permettre le retour à une dynamique nouvelle de créations d’emplois et par une mise en sécurité sociale de la population."

"Les mesures de rééquilibrage des comptes publics et sociaux annoncées par le gouvernement auront pour effet principal de casser la timide reprise observée depuis quelques mois."

(...)

 

La CGT a dénoncé La voie choisie par le gouvernement qui est toute autre; il s'attaque aux malades, c'est à dire aux plus faibles; cela touche principalement les plus pauvres


"(...) Le gouvernement a annoncé sa décision d’un gel de 600 M€ de dépenses, portant avant tout sur l’hôpital  et les dépenses médico-sociales, ces établissements aujourd’hui dans une situation budgétaire plus que délicate sont mis en péril.

"L’hôpital public est le seul garant d’un accès au soins pour tous, son rôle majeur dans l’organisation de notre système de santé nécessite de veiller à sa performance et non de suivre aveuglement des objectifs d’économie. Par ailleurs, Comment comprendre une réduction des dépenses médico-sociale alors que la question de la prise en charge de la dépendance est une urgence face au vieillissement de la population.

"Concernant la réduction du paiement des indemnités journalières (I.J) (indemnités compensant partiellement les pertes de salaire lors d'arrêts de maladie prolongés), en modifiant leur mode de calcul, vous prenez le risque de voir se dégrader encore plus la santé au travail des salariés pour un bénéfice financier dérisoire.


La bataille idéologique conte les I.J est contestable à une époque où les conditions de travail sont une cause majeure de la dégradation de la santé des salariés. Les arrêts de travail médicalement justifiés ont des vertus thérapeutiques indiscutables, Prendre le risque d’épuiser les salariés jusqu’aux points de rupture a des conséquences médicales, humaines et économiques  beaucoup trop lourdes."

 

Concernant la retraite, la CGT a réaffirmé:

 

"La remise en cause du droit à la retraite à 60 ans est totalement inacceptable, de même que la poursuite de l’allongement  de la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein.

 

"Nous ne nions pas la réalité des évolutions démographiques, mais la principale raison des difficultés de financement des retraites tient à la situation de l’emploi.

 

"Si la réforme envisagée était mise en œuvre, elle ne conduirait pas à l’allongement de leur durée d’activité, mais à une diminution généralisée du montant des retraites entraînant une montée de la pauvreté des retraités et une augmentation considérable des salariés âgés parmi les chômeurs (alors qu’elle est déjà trop importante) et sans doute un passage de beaucoup de salariés âgés par le RSA.

 

"Quant aux propositions récentes sur le dossier de la pénibilité, bloquées par le MEDEF depuis 2003, en reposant sur un examen individualisé de l’état de santé du salarié, elles équivalent ni plus ni moins à  un passage des salariés concernés en invalidité, comme aux Pays Bas ou en Europe du Nord.

 

Pour la CGT, "il y a plus que jamais urgence à réaliser une réforme ambitieuse du financement de la Sécurité sociale.

 

Nos propositions sont connues :

  • => instituer une double modulation des cotisations employeurs tenant compte à la fois de la part des salaires dans la valeur ajoutée et des comportements d’emploi des entreprises, de manière à favoriser celles qui créent des emplois et pénaliser celles qui en détruisent ;
  • => mettre en place une contribution sociale sur les revenus financiers des entreprises."

Pour ce qui concerne la Branche famille de la Sécurité sociale, la CGT a dénoncé le fait que:

"Les Caf (caisses d'allocation familiales) demeurent en grande difficultés de fonctionnement avec la fermeture récurrente de Caf, plusieurs heures, voire plusieurs jours par semaine, des heures supplémentaires régulièrement imposées aux personnels, le recours à des emplois en CDD et en intérim… Les CAF n’assurent plus, pour la plupart d’entre elles, un service public de qualité qui pénalise en particulier les plus fragiles.

"Autre sujet plus que préoccupant, celui de l’abandon par le gouvernement et la majorité parlementaire de politiques d’accueil de qualité pour les jeunes enfants. Malgré des demandes réitérées et la mobilisation des différents acteurs - professionnels, parents, associations, organisations syndicales, experts de la petite enfance, le gouvernement et le Parlement persistent et signent et la loi sur les maisons d’assistant-e-s maternel-le-s vient d’être votée, le fameux décret gouvernemental déréglementant l’accueil collectif public et la fin de l’accueil des enfants de 2/3 ans en école maternelle vient d’être publié. L’avenir des tout petits est totalement sacrifié.

"Le gouvernement avait garanti une progression du fonds national d’action sociale des Caf de plus 7,5 % par an, sur la durée de la COG actuelle. Cette progression n’a été que de 2,4 % en 2009 et s’apprête à connaître la même faiblesse en 2010. Au total plus de 300 millions d’euros manquent à l’appel de la réponse aux besoins des familles, notamment pour ce qui concerne l’accueil de leurs enfants.

Pour sortir de la crise et assurer la pérennité des acquis sociaux, la CGT a réaffirmé que:

"Ce n’est pas ainsi que le pays sortira de la crise profonde dans laquelle l’a plongé la grave crise financière qui frappe les peuples du monde entier auxquels est présentée la note des sacrifices par les banques, les spéculateurs et les actionnaires de tous pays, ceux qui sont responsables de cette crise.

"La CGT préconise un traitement de choc pour doper la relance économique, notamment par :

  • => "une importante revalorisation des prestations sociales,
  • => "une importante revalorisation des minima sociaux,
  • => "un plan de relance de l’industrie et de l’emploi, une revalorisation généralisée des salaires.

"Pour refonder une économie sur des bases solides, il faut avoir l’ambition et le courage de construire un modèle social qui tire l’ensemble de la population vers le haut, il faut donc avoir le courage de réorienter l’argent vers la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre, une question de choix politique.

 

Il n'y  a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ! Le gouvernement est parfaitement au courant des annalyses et des propositions de la Cgt.

Il faut que les salariés, les retraités, les jeunes, et les privés d'emplois se mobilisent plus fortement encore que le 27 mai dernier !

Tous ensemble ! Tous dans la rue le 24 juin prochain !

 

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