Le rythme des suppressions d'emplois s'accélère à la Poste

La Poste est une entreprise qui est la propriété de l'État, même si c'est aujourd'hui une Société Anonyme (SA) (Actionnaires: l'État français (73,7 %), caisse des dépôts et consignations (26,3%), qui est une institution financière publique qui appartient à l'État français => 100% appartient à l'État français)

Les membres du conseil d'administration de la Poste sont donc désignés par l'État français, et dépendent, donc, du gouvernement. On pourrait penser que la politique du gouvernement s'y applique plus fortement qu'ailleurs: comme les annonces gouvernementales, "affirmées avec force", et "droit dans les yeux", sont que l'emploi serait sa priorité, de même que les jeunes le seraient aussi....

.... On pourrait donc penser qu'à La Poste ça devrait aller mieux de ces cotés là.

Et bien non !

On constate aujourd'ui que la Poste a supprimé 5200 emplois au premier semestre 2014, chiffre qui apparaît dans les comptes de l'entreprise publique. Sur ces six premiers mois, la Poste a donc supprimé plus d'emplois que sur l'ensemble de l'année 2013, année où la Poste avait supprimé 4894.

Le rythme de suppression d'emplois est comparable à celui des années 2010 et 2011, avant l'arrivée du "changement", des emplois d'avenir, et les créations de postes effectuées suite aux suicides dans l'entreprise.

Pourtant la Poste a perçu 297 millions d’€uros au titre du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Cet argent a donc servi a supprimer des emplois, et non à en créer.

Pire: Comme dans les autres sociétés anonymes qui touchent le CICE, l'argent va aller aux actionnaires; résumons la chose: l'État a versé le CICE à la Poste, qui va le lui retourner — avec une majoration — sous la forme de dividendes ! Génial, non?

Donc, les belles annonces du gouvernement sur l'emploi et les jeunes sont, à la Poste comme ailleurs, de la poudre aux yeux !

Quelques chiffres complémentaires, sur les résultats de la mise en oeuvre des orientations de l'État à la Poste, pris sur le bilan social de l'année 2013

  • > Plus 4,41 % de CDD (dont les emplois d’avenir)
  • > Plus 2,26 % d’intérimaires soit 150 millions d’euros (enveloppe en augmentation de 36,36 %)
  • > 52 % de contrats en alternance non Cédéisés
  • > 3,74 % d’emplois handicapés loin de l’obligation légale des 6 %
  • > 36 % du personnel perçoit un salaire inférieur ou égal à 1600 € quand 3 919 747 millions d’€ sont partagés par les 10 plus hautes rémunérations
  • > 51,5 % de l’effectif sont des femmes (46 % occupent des postes de cadres, et seulement 29 % des postes de dirigeants)
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