Livret A : La décision de maintenir le taux du livret A à 2,25 % constitue une forfaiture

Elle spolie les épargnants populaires au profit des banques et des compagnies d’assurance.

Lu sur le site de la CGT logement

 

Le jeudi matin 12 janvier, le ministre de l’Economie et des finances, François BAROIN, a annoncé qu’il maintiendrait à 2,25 % le taux d’intérêt rémunérant l’épargne déposée  sur le livret A et le LDD, ce alors, qu’hier même, l’INSEE annonçait que l’inflation avait atteint 2,5 %, les 12 derniers mois. Cette décision constitue une forfaiture pure et simple.

 

Pourquoi est-ce une forfaiture ?

Au sens premier, une forfaiture est définie comme « une action accomplie en dehors des règles édictées ». C’est exactement ce que vient de faire François BAROIN, à propos de la rémunération du Livret A, en ne respectant pas les règles et les principes  que son propre gouvernement a édicté ces dernières années.

Ainsi, selon ses règles, depuis le 1er février 2008, la rémunération du livret A et du LDD est déterminée à partir d’une règle précise :

 

« Le taux d'intérêt du Livret A est un chiffre, arrondi au quart de point le plus proche, le plus élevé, entre : 

- l'inflation des douze derniers mois, augmentée d'un quart de point, 

- la moyenne arithmétique entre, d'une part, l'inflation des douze derniers mois et, d'autre part, la moitié de la somme de la moyenne mensuelle de l'EURIBOR 3 mois + la moyenne mensuelle de l'EONIA (pour le dernier mois connu). ».

La stricte application de cette règle aboutit normalement à relever le taux du livret A et du LDD à 2,75 %  à partir du 1er février (soit le taux d’inflation des 12 derniers mois augmenté d’un quart de point). Point final.

Les arguties avancées faisant état de « circonstances exceptionnelles » ou encore d’un hypothétique baisse future du taux d’inflation qui obligerait à rabaisser ce taux en août  et ainsi à créer un effet de yoyo, constituent d’absurdes motivations dont ne s’embarrassa  pas le gouvernement en août 2009 quand il rabaissa le taux du L.A de moitié en 6 mois (de 2,5 à 1,25 %) !

A qui profite le crime ?

Il est évidemment très simple de voir que les principales victimes de cette décision sont les ménages généralement modestes qui épargnent leurs maigres économies accumulées souvent depuis des dizaines d’années sur ces livrets (LA, LDD ou LEP). Dans l’hypothèse, d’un ménage détenant un livret A « au plafond », soit 15 300 euros, cette décision aboutit à le spolier de 75 euros !

Il est tout aussi évident que le maintien du taux actuel du taux du livret A (et donc la baisse de son rendement réel au regard de l’inflation) profite essentiellement aux banques commerciales qui depuis le 1er janvier 2009 sont autorisées à conserver dans leur bilan une part importante de l’épargne collectée sur le livret A et le LDD, et non plus à la centraliser intégralement à la CDC.

En ces temps de « disette de liquidités », il est évidemment fort intéressant pour un banquier de disposer d’une ressource, rémunérée en dessous du taux d’inflation (évaluée à près de 100 milliards d’euros)  pour la prêter ensuite à des taux supérieurs à 7 ou 8 % !!!

Autre bénéficiaire de cette forfaiture : les compagnies d’assurance. En effet, les produits d’assurance-vie constituent la principale destination de l’effort d’épargne des ménages  (plus de 1200 milliards d’euros) ; or, ces derniers mois, ces produits ont subi un fort mouvement de décollecte, notamment lié à la concurrence des livrets d’épargne défiscalisée. Ne pas augmenter le taux du livret A, c’est donc donner une bouffée d’oxygène aux sociétés d’assurance.

Paris, le 12 janvier 2012

 

Contact : Jean Philippe GASPAROTTO (06 07 94 11 20)

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