Logement: La construction de logements toujours en panne; mais qui peut acheter?

Que-serais-je-sans toitLorsque le bâtiment va... tout va....tel était le scogan des années 1960. Aujourd'hui le bâtiment est en panne... reflet de la déprime générale !

En 2013, 331.867 logements neufs avaient été mis en chantier en France, un chiffre en repli de 4,2% sur un an, bien en deçà de l’objectif gouvernemental — encore jamais atteint dans l’Hexagone — d’un demi-million de logements construits par an.

La construction de logements neufs en France n'en finit pas de reculer, le déficit de l'offre s'aggravant de mois en mois et rendant inatteignable l'objectif de 500.000 logements construits par an qui permettrait de répondre aux besoins.

Selon les statistiques du ministère du Logement publiées fin mai, les mises en chantier de logements neufs ont encore diminué de février à avril, se repliant de 17,6% sur un an, pour s’établir à 69.925 unités. La chute a donc tendance à s’accélérer, puisqu’elle était de 11,4% sur les trois premiers mois de l’année.

De février à avril, les mises en chantier de logements ordinaires sont ressorties en baisse encore plus forte, de 20,5% à 64.045 unités, tandis que le segment plus restreint des logements en résidence (seniors, étudiants…) grimpait, lui, de 35,6% à 5.880 unités. Normal: les spéculateur sépculent sur l'allongement de la durée de la vie, et des profits à en faire... mais qui pourra se payer une maison de retraite demain, avec la baisse des pensions ? Et le recul de l'âge de départ à la retraite, ajouté à la pénurie de médecins généralistes, ne vont-il pas, au contraire, inverse la courbe, et raccourcir la vie ? 

Sur les douze mois écoulés entre mai 2013 et avril 2014, le nombre de logements neufs mis en chantier affiche un recul, de 6,5%, à 316.370 unités. Mais les mises en chantier des douze mois écoulés continuent de s'effondrer, puisque le recul n’était encore que de 4% à fin mars et de 2% à fin février.

"Malheureusement, lorsqu’on regarde les chiffres sur douze mois glissants, le nombre de mises en chantier est tombé d’environ 322.000 à 316.000, c’est une descente continue", a déclaré à l’AFP le président de la Fédération des promoteurs immobiliers; lucide !

Les mises en chantier sont à leurs plus bas niveaux depuis dix ans.

Les permis de construire accordés pour des logements neufs, qui renseignent sur les futures mises en chantier, se sont contractés de 22,8% de février à avril — après, déjà, une baisse de 25% enregistré de janvier à mars — à 93.884 unités, selon le ministère.

Dans le détail, les permis de construire accordés aux logements ordinaires ont reculé encore davantage (-25,8%) à 85.910 unités.

Et sur douze mois, la baisse s’accroît encore pour les permis de construire, avec un repli cumulé de 21,5% (contre -20,3% à fin mars) à 392.659 unités entre mai 2013 et avril 2014, comparé à la même période un an plus tôt.

Cette déprime du marché, qui dure depuis deux ans est liée à la situation économique dégradée, du pays dans un contexte de hausse du chômage en hausse, de baisse du pouvoir d'achat, et d'accroissement de la précarité.

Que voulez-vous, moins il y a de CDI, plus il y a de CDD, plus les apprentis remplacent les CDI, et moins les banques accordent de prêts, d'autant que les banques se montrent de plus en plus exigeantes sur leurs conditions de prêt, dont les durées raccourcissent.

Et pendant ce temps là, les prix des logements neufs explosent, pendant que les logements anciens ne se vendent pas. Aujourd'hui on ne peut plus — comme dans les années 80, ou 90, ou même au début des années 2000 — acheter du neuf en vendant son ancien ancien (sauf à vendre à Paris pour acheter en Province).

Le système se mort la queue ! En tuant la "poule aux oeufs d'or" que sont les bons salaires et l'emploi stable, il s'auto détruit. Tout se grippe, de la consommation de tous les jours à l'achat de biens d'équipements et de logements !

Il est évident que le prétendu « choc de simplification », annoncé par le gouvernement, sera complètement inefficace pour inverser la tendance. Au contraire il va encore aggraver la situation. Le problème se situe au niveau des salaires et de l'emploi ! 

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