Medef : Comme le renard dans le poulailler

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Lu sur le site de l'UGICT-CGT

Éventées dans la presse, les préconisations du Medef pour créer 1 million d’emplois ont été officialisées mercredi dernier lors d’une conférence de presse où Pierre Gattaz a fait son show sur des airs déjà connus. Suppression de la durée légale du travail, fin du CDI, contrat de projet, recul de l’âge de la retraite, salariés soumis à l’arbitraire patronal, fin des garanties pour tous et absence de voie de recours, remise en cause du SMIC…

Pierre Gattaz revendique toutes les libertés et voudrait nous faire croire que c’est cela la modernité.

Décidément, le Medef n’en aura jamais assez. Mais à force de matraquer des contrevérités trop souvent reprises par les médias, le patronat a su créer un bruit de fond assourdissant propre à faire passer des vessies pour des lanternes. Au nom de quoi, en effet, devrions-nous croire le Medef quand il affirme que la fin du CDI ou encore celle des seuils sociaux permettraient de créer de l’emploi ? Depuis le début de la crise, on ne peut pas dire que notre pays ait bétonné les garanties collectives ou individuelles des salariés.

Bien au contraire, avec l’Accord National Interprofessionnel transposé dans la loi, les licenciements ont été sécurisés. On a même inventé la rupture conventionnelle sensée pacifier les licenciements. Aujourd’hui plus de neuf contrats de travail sur dix signés ne sont plus des CDI et c’est dans les mêmes proportions que se font les entrées à Pôle emploi.

Mais en dépit de ces largesses, la France a continué à détruire des emplois industriels en masse, sans que pour autant le tertiaire ait compensé les pertes. Ce n’est pas en sacrifiant nos droits, notre temps de travail, nos salaires que nous allons sortir le pays de cette crise systémique durable. N’en déplaise au Medef, les licenciements d’aujourd’hui ne sont pas et n’ont jamais été les emplois de demain.

Qualifiées par la CGT de « moyenâgeuses » les revendications du Medef ne doivent pas être prises à la légère. Certes, Gattaz joue à « monsieur plus » et sait qu’il n’obtiendra peut-être pas tout. Mais ce qu’il a déjà obtenu et ce que le gouvernement s’apprête à lui concéder constitue bel et bien une remise en cause profonde du modèle social.

A la veille de l’ouverture des négociations concernant le dialogue social, « le patronat mène une charge lourde contre la hiérarchie des normes au travers de la remise en cause des 35 heures », a dénoncé la CGT dans un communiqué. « Dire que la négociation d’entreprise primerait sur la loi, c’est remettre en cause le principe des garanties sociales pour tous les salariés. Privilégier les accords d’entreprise par rapport à la loi, c’est le pot de fer contre le pot de terre. C’est la porte ouverte à la déréglementation sociale et au dumping social. »

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