Négociation Emploi des Jeunes: Le patronat cherche des sous-salariés sous-payés

 

La négociation sur l'emploi des jeunes se poursuit. Les droits des jeunes appaissent de plus en plus en danger, sans que l'emploi ne s'en trouve amélioré.

 

Dans un premier temps, au cours de la nouvelle séance du 7 juin 2011, les négociateurs ont revisité « l’accord national interprofessionnel sur l’accès des jeunes aux formations en alternance et aux stages en entreprise » dont le texte avait été modifié sans concertation générale après la séance de négociation du 31 mai. Le texte n’a quasiment pas évolué mais a ouvert la possibilité à trois organisations syndicales de le signer en séance (CFDT, CFTC, CGC).

 

Pour la CGT, la Direction confédérale sera consultée et adoptera une position, mais, pour la délégation CGT, le compte est loin d’y être !

 

Pousser les branches professionnelles à négocier et signer des accords portant l’engagement d’augmenter de 10% le nombre d’alternants dans la branche peut sembler séduisant. Mais c’est un leurre qui vise seulement à réclamer des pouvoirs publics une exonération des majorations de taxe d’apprentissage lorsque le taux obligatoire de 4% n’est pas atteint (taux prévu dans le projet de loi qui va entrer en débat dans les prochains jours au parlement).

 

La négociation devait ensuite s'engager sur l’accès des jeunes à l’emploi, mais la réunion a tourné court, le patronat de dévoilant pas ses positions.

 

Au fil des séances de négociation il devient de plus en plus clair que le but poursuivi par le patronat est de neutraliser les mesures qui pourraient être inscrites dans le droit commun à l’issue des travaux parlementaires.

 

Pourtant il y a autres choses à faire. La situation des jeunes ne s’est pas améliorée depuis le début des négociations. La question est de savoir ce que produira concrètement ce cycle de négociation pour l’emploi des jeunes.

 

Car par souci d'économies, des entreprises font aujourd'hui tourner des stagiaires sur de vrais postes et proposent à de jeunes diplômés de commencer par de longs stages, avant une éventuelle embauche agitée en carotte.

 

Ainsi dans les grands groupes, comme les banques, les télécommunications, etc., on constate une forte hausse des offres de stages et une diminution parallèle des offres de CDI. Le remplacement les emplois salariés à durée indéterminée par des stagiaires ou des précaires devient systématique, ce qui se traduit par une fermeture de la porte de l'emploi aux jeunes sortant des stages. Ceux-ci étant remplacés par de nouveaux stagiaires.

 

Le stage est de plus en plus détourné de son objectif pédagogique pour devenir un outil de flexibilité à la disposition des employeurs.

 

Le contexte est tel aujourd'hui, que les jeunes ont toutes les raisons de s’impatienter et de le manifester. Ils savent pouvoir trouver la CGT à leurs côtés.

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