Non à la xénophobie et à la politique du pilori: Mobilisation le 9 mars

Les organisations (dont la CGT) réunies dans le collectif « Non à la xénophobie et à la politique du pilori » appellent à des rassemblements dans toute la France mercredi 9 mars (à Paris, à 18h30, place Edouard-Herriot, à côté de l’Assemblée nationale) contre la « loi Besson », qui traduit en actes l’orientation xénophobe du « discours de Grenoble ».

 

Dans leur communiqué commun, les 46 organisations dénoncent:

  • => "le nouveau cas de déchéance de nationalité discriminant les Français d’origine étrangère,
  • => le déni de droit d’asile par la création de « zones d’attente fictive »,
  • => l’allongement de la durée de rétention et les entraves au contrôle du juge, la mesure de bannissement sous la forme d’une « interdiction de retour »,
  • => la chasse aux Roms et aux étrangers malades,
  • => la mise en place d’un internement administratif de très longue durée de « présumés terroristes »
  • => aggravent la politique de la peur et du rejet, qui fait des étrangers des boucs émissaires alors qu’ils vivent ici, travaillent ici et partagent notre vie de tous les jours.

Nous soutenons pour cette raison le mouvement des travailleuses et travailleurs sans papiers en grève pour leur régularisation, et demandons que les gouvernants respectent les textes et les engagements pris.

 

Nous appelons l’ensemble des forces démocratiques à exiger qu’au lieu de faire des étrangers les cibles d’une politique discriminatoire, les gouvernants actuels, qui n’ont que trop coopéré avec les despotes dans la chasse aux migrants, répondent enfin à l’urgence de solidarité internationale avec les peuples libérés sur l’autre rive de la Méditerranée.

 

Ce monde n’a pas besoin que des lois renforcent les peurs et les haines xénophobes, il a besoin que des politiques ouvertes sur l’avenir fassent triompher les valeurs universelles qui doivent être celles de la République : celles de la démocratie, de l’égalité en droits et en dignité des êtres humains, de la liberté pour tous les peuples."

 

A noter :

La déchéance de nationalité => une origine lourde de signification !

C’est, en effet, à partir de 1938 que la déchéance de nationalité est infligée aux Français qui, dans les dix années suivant leur naturalisation, ont commis en France ou à l'étranger un crime ou un délit ayant entraîné une condamnation d'au moins un an d'emprisonnement.

 Cette mesure sera prise par l'un des fameux "Décrets-lois" de Daladier, du 12 novembre 1938, dans un contexte de liquidation des acquis de 1936 et du Front Populaire, pour, soit disant "remettre la France au travail"; cela provoquera, en réaction, la grève du 30 novembre 1938, qui sera brutalement  réprimée, et marquée par des dizaines de milliers de licenciements.

Ce 12 novembre 1938, il y eut au total 32 décrets-lois de publiés, dont 12 sur la finance, 3 sur les prix, 8 sur la législation du travail (la fin de la semaine de 40 heures), 6 sur les travaux publics, 2 sur les étrangers, un sur les allocations familiales.

Entre 1940 et 1944, le gouvernement de Vichy, qui a lourdement aggravé les peines, procèdera à 15.000 dénaturalisations. Seront d'abord visés les Juifs : 7000 Juifs, français d'origine étrangère, perdent la nationalité française. Seront visés, évidemment, les opposants au régime.


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